Près de trois ans après les premières accusations, le navigateur français Kevin Escoffier se présente ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lorient. Il est accusé d'agressions sexuelles sur quatre femmes, des faits qu'il nie fermement.
Escoffier, une figure emblématique de la course à la voile, doit maintenant faire face à la justice dans une affaire qui a fait couler beaucoup d'encre. Son avocate, Me Virginie Le Roy, a déclaré à l'AFP que son client était impatient de s'expliquer lors de cette audience.
Une plainte révélatrice
La plainte la plus marquante provient de l'ancienne attachée de presse d'Escoffier. Âgée de 33 ans, elle prétend avoir été agressée dans un bar de Newport (États-Unis) en mai 2023, lors d'une étape de l'Ocean Race. Son avocate, Me Caroline Toby, a souligné : "Le courage de ma cliente a permis que cette action en justice soit engagée".
Des soutiens se sont également manifestés, comme ceux du collectif féministe NousToutes Lorient, qui a organisé un rassemblement devant le palais de justice pour soutenir les victimes et dénoncer les violences dans le milieu de la voile.
Les accusations concernent d'autres faits survenus à Lorient, au Brésil et à Melbourne (Australie). Des témoignages suggèrent que certaines agressions auraient été commises alors qu'Escoffier était en état d'ébriété, bouleversant ainsi l'image d'un homme qui a déjà frôlé la mort lors du Vendée Globe de 2020.
Un climat tendu
Dans le cadre de l'enquête, il a déjà été placé en garde à vue en février 2025. La montagne de témoignages recueillie par la justice semble peser lourd contre lui. Un article de Le Canard Enchaîné a mis en lumière la complexité de ces accusations, en évoquant notamment un #MeToo de la Voile.
La plaignante citée en témoigne a relaté un événement poignant où Escoffier l'aurait touchée de manière inappropriée lors de leur rencontre, déclarant que "sa main commence à remonter sous mon t-shirt".
Suite à la médiatisation des accusations, Escoffier a quitté son équipe lors de l'Ocean Race. En 2023, la Fédération française de voile (FFVoile) a également décidé de le suspendre pour 18 mois, bien que cette décision ait été annulée par la suite en raison d'un "vice de procédure".
Si le tribunal de Lorient le condamne, il risquerait jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, voire sept si des circonstances aggravantes sont retenues. Les débats devraient se conclure ce soir avec une mise en délibéré rapide.







