Privé de ses fonctions et sévèrement sanctionné électoralement, l'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, se retrouve à nouveau devant le tribunal correctionnel de Nanterre à partir du 7 avril pour deux affaires distinctes de détournement de fonds publics.
Les accusations remontent à 2010, période durant laquelle il aurait détourné de l'argent public. Le tribunal s'intéressera d'abord au dossier de l'association Codeeil, créée pour le développement international, dans laquelle Patrick Balkany est poursuivi pour prise illégale d'intérêts et détournement de fonds. Il est suspecté d'avoir permis à Renaud Guillot-Corail, qui était directeur du développement économique de la ville, de percevoir plus de 300 000 euros de fonds via cette association, même après son retrait en 2012. L'intéressé est décédé en 2020 sans avoir pu fournir sa version des faits. Balkany, quant à lui, rejette ces accusations.
"Je me sentais plus larbin que chauffeur"
Dans un second volet, les juges examineront, durant trois jours supplémentaires, des faits selon lesquels l'ex-maire est accusé de détournement de fonds publics en utilisant trois agents de la police municipale ainsi qu'un fonctionnaire de la police nationale comme chauffeurs privés entre 2010 et 2015. Ces agents auraient été assignés en dehors du cadre légal et auraient même accompagné la famille Balkany en voyage à Saint-Martin, où ils possédaient une villa. "Je me sentais plus larbin que chauffeur", a avoué l’un d’eux.
Ces allégations sont catégoriquement démenties par Patrick Balkany. Son avocat, Robin Binsard, souligne l'injustice de poursuivre un homme de 77 ans pour des faits présumés vieux de plus d'une décennie. "Nous plaidons la relaxe", a-t-il affirmé.
À 77 ans, Balkany se trouve dans une situation politique particulièrement difficile. Sa lourde condamnation d'inéligibilité de dix ans qu'il n'a pas réussi à faire annuler, ainsi qu'un échec retentissant lors des récentes municipales, l'ont laissé sans soutien. Il affronte donc ce nouveau procès qui se tiendra jusqu'au 10 avril, avec le risque de dix ans de prison et d'une amende d'un million d'euros.
Ces nouvelles affaires s'ajoutent à un lourd passif judiciaire pour Patrick Balkany, déjà reconnu coupable avec son épouse d'avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. Bien qu'il ait purgé cinq mois de prison de 2019 à 2020 et six mois en 2022, l'ombre de la justice continue de planer sur lui.







