Mardi, Israël et le Liban ont marqué un tournant significatif en acceptant d'initier des négociations directes pour établir une paix durable. Cette décision fait suite à des échanges considérés comme constructifs à Washington, une première depuis près de trois décennies.
Le département d'État américain a annoncé que "toutes les parties étaient convenues d'entamer des discussions directes, dont la date et le lieu seront déterminés en concert".
Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, qui a présidé cette rencontre entre les ambassadeurs israélien Yechiel Leiter et libanais Nada Hamadeh Moawad, a salué cette occasion historique pour établir la paix.
D'une durée d'un peu plus de deux heures, la réunion a permis aux deux ambassadeurs de constater une volonté commune. L'ambassadeur israélien a déclaré : "Nous avons réalisé que nous (Israël et le Liban) étions du même côté, partageant l'objectif de libérer le Liban du Hezbollah, soutenu par l'Iran".
De son côté, l'ambassadeur libanais a qualifié cette "réunion préparatoire" de "constructive", tout en appelant à un cessez-le-feu entre son pays et le Hezbollah.
Celui-ci, pourtant absent de la discussion, a qualifié ces pourparlers de "capitulation" et a revendiqué, peu avant leur démarrage, des attaques à la roquette sur treize localités israéliennes. Cette escalade de tensions a été alimentée par l'engagement du Hezbollah de soutenir l'Iran lors des récentes offensives israélo-américaines.
Alors même qu'un cessez-le-feu a été instauré le 8 avril, les hostilités persistent, Israël continuant ses frappes contre le Hezbollah sans relâche. Le président libanais Joseph Aoun a exprimé son espoir que ces négociations marquent le "début de la fin de la souffrance des Libanais", tout en avertissant que la paix au sud du Liban demeurerait illusoire tant qu'Israël maintiendrait son occupation.
Les discussions ont pour objectif d'établir un cadre pour une paix durable, un processus qui, selon Rubio, sera long et ardu. "C'est un moment crucial, et le temps est venu pour Israël et le Liban de collaborer", a déclaré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU.
Dès lors, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a posé ses conditions : le désarmement du Hezbollah et un "vrai accord de paix", les deux nations étant encore en conflit technique depuis plusieurs décennies.
En parallèle, plus de 2 000 personnes ont été tuées au Liban à cause des frappes israéliennes depuis le début de la guerre, tandis qu’un million de Libanais ont été déplacés, représentant un cinquième de la population, selon Barham Saleh, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés.
Les forces israéliennes rapportent aussi des pertes, avec treize soldats tués et dix blessés lors d'affrontements à Bint Jbeil, où l'armée a intensifié ses opérations.
Malgré un précédent cessez-le-feu décrété en novembre 2024 après deux mois de guerre ouvert, Israël a continué d’attaquer les zones frontalières, rendant toute entente encore plus difficile. "Une zone tampon pourrait être instaurée, semblable à celle de Gaza", a estimé un ancien responsable israélien sous couvert d’anonymat.
À Beyrouth, les Libanais, fatigués des conflits, expriment leur espoir pour ces négociations. Kamal Ayad, un réparateur de fenêtres de 49 ans, a déclaré : "Nous sommes pour ces négociations si elles sont dans l'intérêt du Liban et apportent des solutions. Nous voulons la paix pour nos enfants, nous sommes épuisés des guerres".
D'autre part, des discussions entre Américains et Iraniens pourraient avoir lieu au Pakistan sous peu, selon Donald Trump, une relance attendue après un premier échec.
L'armée américaine a également révélé avoir intervenu pour empêcher plusieurs vaisseaux iraniens de sortir de leurs ports, une action justifiée par des tensions croissantes dans la région, selon les autorités.
Pour Beijing, le rétablissement d'une navigation sécurisée dans le détroit d'Ormuz est crucial, compte tenu de sa dépendance énergétique envers l'Iran. Bien que les prix du pétrole aient chuté récemment, les incertitudes persistent.







