Dimanche, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, est attendu à Islamabad dans un contexte de tensions croissantes, alors que les discussions américano-iraniennes semblent se heurter à de nombreux obstacles. Le déplacement de haut niveau survient après l'annulation, par Donald Trump, du voyage de ses émissaires.
Le président américain a jugé déplacé que Jared Kushner et Steve Witkoff effectuent un long vol pour discuter de questions qu'il considère susceptibles d'être traitées par téléphone. "Trop de temps perdu en déplacements, trop de travail !", a-t-il tweeté sur Truth Social, exprimant son scepticisme quant à la situation interne en Iran, où, selon lui, personne ne sait vraiment qui est aux commandes.
Des pourparlers préliminaires avaient eu lieu récemment à Islamabad, marqués par une tentative de cessez-le-feu, mais les espoirs d'un avancement réel dans la discussion restent fragiles. Les différents acteurs sur la scène internationale manifestent des préoccupations croissantes concernant un nouveau conflit au Moyen-Orient, comme l'ont signalé plusieurs analystes, s'inquiétant de l'impact sur l'économie mondiale et la sécurité régionale.
Interrogé par Axios sur la signification de son annulation, Trump a rassuré : "Non, cela ne signifie pas que nous allons reprendre la guerre. Nous n'y avons pas encore réfléchi." Toutefois, il a reconnu avoir perçu une bonne volonté iranienne après l'annulation, notant un nouveau document de négociation soumis en temps record.
Du côté iranien, Araghchi ne perd pas de temps. Après une rencontre à Mascate avec le sultan d'Oman, il se rend à Islamabad pour transmettre les positions de Téhéran concernant un futur accord censé mettre fin aux hostilités. Par ailleurs, il a également dialogué par téléphone avec son homologue turc, Hakan Fidan, alors que d'autres diplomates américains sont en discussions parallèles.
Le conflit, qui a été exacerbée par une attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran fin février, a déjà causé des pertes humaines importantes et affecté l'économie mondiale, notamment à travers le blocage du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite une part majeure de l'énergie mondiale, reste à l'arrêt et soumis à une double pression, iranienne et américaine.
Le commandement iranien a alors averti des conséquences militaires si les blocages américains continuent, s'opposant fermement à ce qu'ils qualifient d'actes de "piraterie". Parallèlement, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a souligné qu'aucune négociation ne se ferait sous pression.
En parallèle, la situation se complique au Liban où le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ordonne des frappes contre le Hezbollah, exacerbant encore plus les tensions. Le ministère libanais de la Santé a confirmé six décès dus à ces frappes, et le nombre total de victimes depuis le début des hostilités a atteint près de 2.500 selon les autorités libanaises.
Ainsi, à mesure que le ministre iranien se prépare à discuter des perspectives de paix à Islamabad, le climat de tension ne laisse pas présager une issue simple à cette situation complexe.







