Le projet d'acquisition de Manus, une intelligence artificielle développée par la start-up Butterfly Effect, est tombé à l'eau. La Commission nationale du développement et de la réforme en Chine a annoncé, lundi, l'interdiction de cette transaction en invoquant des préoccupations stratégiques face à la rivalité technologique croissante avec les États-Unis.
Meta, qui possède des réseaux sociaux parmi les plus influents au monde, avait prévu d'acquérir Manus pour un montant estimé entre 1,5 et 2 milliards de dollars. L'IA Manus avait effectué son entrée sur le marché très médiatiquement en mars 2025, lorsque sa vidéo de démonstration est devenue virale, suscitant un vif intérêt parmi les entreprises.
La décision de bloquer cette acquisition envoie un message fort : la Chine intensifie son contrôle sur ses technologies et veille à ce que des talents ne fuient pas à l'étranger. Dylan Loh, professeur à l’Université technologique de Nanyang à Singapour, confirme que cette interdiction est révélatrice d'une tendance générale : "Dans des secteurs stratégiques comme l'IA, la Chine va renforcer sa surveillance pour empêcher la fuite des cerveaux".
L'autonomie de Manus
Contrairement aux assistants conversationnels de sociétés comme OpenAI, Manus se distingue par sa capacité à exécuter des tâches plus complexes sans intervention humaine. Cela inclut des fonctions telles que le tri de CV ou la gestion de réservations. Cette sophistication en a fait un acteur prépondérant dans le secteur des IA autonomes.
Meta a réagi avec frustration à cette décision en affirmant que l'accord était conforme à la législation en vigueur et attend un dénouement positif à cette situation.
Une stratégie de contrôle renforcé
La rivalité entre les États-Unis et la Chine s'étend au domaine technologique, avec des enjeux économiques et de sécurité nationale non négligeables. Chong Ja Ian, professeur à l’Université nationale de Singapour, souligne que "la séparation des écosystèmes technologiques devient un enjeu majeur, et les entreprises basées dans des zones neutres comme Singapour ne seront bientôt plus à l'abri".
Cette décision est révélatrice d'une stratégie à long terme de la Chine, visant à promouvoir et protéger ses innovations technologiques, principe fondamental dans le contexte actuel où cette technologie est devenue un élément clé pour les puissances économiques du monde.







