À Saint-Ouen-sur-Seine, le débat fait rage autour de l’installation d'un fast-food Master Poulet, accusé de promouvoir la "malbouffe". Depuis le 11 avril, le maire Karim Bouamrane (PS) a manifesté son opposition à l'ouverture de cet établissement, qui se spécialise dans le poulet grillé à prix abordables.
Dans une vidéo partagée sur ses réseaux sociaux, Bouamrane a dénoncé l'ouverture du restaurant, qu'il juge illégitime et préjudiciable aux conditions de vie des riverains. Là où la municipalité perçoit des problèmes d’odeurs, les gérants de Master Poulet, pour leur part, expriment leur mécontentement par des messages provocateurs affichés sur leurs murs.
Selon une source de Le Parisien, le maire a pris des mesures drastiques en faisant installer des blocs de béton devant le fast-food pour limiter l'accès aux clients. Cependant, le tribunal administratif de Montreuil a qualifié cette décision d'illégale et a ordonné la suppression des obstacles dans un délai de 48 heures, permettant ainsi à l'établissement de rouvrir ses portes, bien que sans terrasse.
Un bras de fer devant la justice
Ce conflit ne semble pas près de se résoudre. Dans un tournant ironique, la mairie a décidé de placer des pots de fleurs devant le restaurant, accusés par l’avocat de Master Poulet d’émettre une odeur désagréable. Ce dernier a réagi en réintroduisant la question devant les tribunaux.
La position de la mairie est claire : il s'agit de lutter contre ce qu'elle qualifie de "malbouffe". Bouamrane affirme que l'objectif est de préserver la qualité de vie à Saint-Ouen, une préoccupation partagée par d'autres villes comme Asnières ou Châtillon, qui ont également tenté de freiner l'expansion de cette enseigne sur leur territoire.
Lutter contre la "malbouffe" dans la région
Master Poulet, qui revendique près de 50 établissements dans la région parisienne et près de 10 000 tonnes de viande vendues en 2025, n’entend pas se laisser faire. Son fondateur, Chouaib Benbakir, affirmait dans une interview, relayée par Actu Paris, que les produits sont soigneusement préparés sur place, avec des ingrédients d'origine française ou européenne. Cependant, la municipalité reste ferme, déterminée à défendre ses valeurs et ses priorités en matière de santé publique et de qualité de vie.
Ce dossier révèle ainsi un conflit plus profond entre les intérêts commerciaux, la régulation des activités commerciales et le bien-être des habitants d'une ville en pleine mutation.







