Ce lundi 27 avril, les agents pénitentiaires de Charente-Maritime ont répondu à un appel à la mobilisation lancé par le syndicat Ufap Unsa Justice. Des débrayages ont eu lieu dans plusieurs établissements, dont ceux de Saintes, Rochefort, Bédenac et Saint-Martin-de-Ré, où les surveillants ont exprimé leur mécontentement face à la surpopulation carcérale et leurs conditions de travail.
Dès 6h45, les surveillants se sont rassemblés devant les portes des prisons, signalant que "tous les ateliers et toutes les formations ont été annulés", comme l'a précisé Christophe Poirel, secrétaire général adjoint de l'Ufap. La situation devient critique : avec seulement 62 000 places disponibles pour 88 000 détenus, la surcharge est insoutenable. À Saintes, la densité atteint 163 %, tandis qu'elle atteint des sommets de 230 % à Rochefort.
Un appel à la construction de nouvelles prisons
Christophe Poirel souligne qu’"il faut construire de nouvelles prisons" pour remédier à cette crise. Les conditions de détention sont alarmantes, comme l'illustre Romain, représentant local du syndicat : "Nous avons atteint 130 détenus pour 52 places, avec des cellules où trois personnes doivent se partager 9 mètres carrés." Ce constat alarmant s'accompagne d'une pénurie de personnel, où la gestion des établissements devient de plus en plus complexe.
Les agents sont maintenant réduits à 17 au lieu de 27, avec une pénurie de personnel technique pour gérer l'entretien des locaux. Romain exprime l'épuisement des équipes : "À cause des rappels incessants sur les jours de repos, il ne nous reste plus de vie privée." Le climat de travail se dégrade, et beaucoup expriment une profonde inquiétude face à un incident potentiel si aucune solution n'est mise en place rapidement.
Face à une direction interrégionale perçue comme inerte, le sentiment d’abandon s’installe. "Nous ne voulons pas vivre un drame, sur le plan personnel ou pour les détenus", lance un syndicaliste. Les agents redoutent que ce climat de tension aboutisse à une situation chaotique.
Le mouvement pourrait se poursuivre ce mardi 28 avril si les négociations avec la direction pénitentiaire ne débouchent pas sur des engagements concrets.







