Au cours de la dernière décennie, le Royaume-Uni a enregistré une chute de plus de deux ans de son espérance de vie en bonne santé, atteignant désormais un palier inférieur à 61 ans. Ce constat alarmant émane d'une étude de l'organisation Health Foundation, qui révèle qu'entre 2012-2014 et 2022-2024, l'espérance de vie en bonne santé a diminué de 62,9 à 60,7 ans pour les hommes et de 63,7 à 60,9 ans pour les femmes, laissant un impressionnant écart par rapport à l'âge de la retraite.
En comparaison, en France, les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) pour 2024 montrent que les femmes peuvent espérer vivre 85,8 ans, dont 64,1 sans incapacité, et 77,3 ans sans incapacité forte pour les hommes.
La Health Foundation souligne que cette analyse dépasse le simple critère de l'espérance de vie, en fournissant une vue d'ensemble des conditions de santé au Royaume-Uni. Cet indicateur, qui prend en compte les taux de mortalité et les auto-évaluations de santé, a commencé à se détériorer dans certaines régions bien avant la pandémie de Covid-19.
Un déclassement parmi les nations riches
La Health Foundation ne cache pas son inquiétude : "Notre analyse est sans équivoque : la santé au Royaume-Uni se dégrade et se situe derrière la majorité des pays comparables." Des données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) révèlent que, sur 21 pays riches, le Royaume-Uni est passé de la 14ème à la 20ème position entre 2011 et 2021, avec seulement les États-Unis affichant une espérance de vie en bonne santé plus faible.
Sur l'ensemble du pays, il est désormais courant de subir une partie de sa vie en mauvaise santé avant d'atteindre l'âge légal de la retraite, fixé actuellement à 66 ans et qui continuera d'augmenter jusqu'à 67 ans.
Les disparités géographiques sont frappantes : par exemple, à Richmond, un quartier aisé de l'ouest de Londres, l'espérance de vie en bonne santé est de 69,3 ans pour les hommes et 70,3 ans pour les femmes, tandis qu'à Blackpool, une ville difficile du nord-ouest de l'Angleterre, elle tombe à seulement 50,9 ans.
Plus haut taux d’obésité d’Europe de l'Ouest
Cette baisse alarmante de l'espérance de vie en bonne santé met en lumière l'inaction des gouvernements successifs britanniques. La Health Foundation critique, "les mesures nécessaires n’ont pas été prises" et appelle à « reconstruire » le système de santé britannique. Selon l'OCDE, le Royaume-Uni détient le taux d'obésité le plus élevé d'Europe de l'Ouest. De plus, le National Health Service (NHS) traverse une crise profonde, conséquence d'une politique d'austérité prolongée et des effets persistants de la pandémie.







