Depuis le matin du 27 avril, l'accès à la maison d'arrêt de Besançon est complètement perturbé. Le syndicat UFAP-UNSA Justice a initié un mouvement national qui touche une centaine d'établissements pénitentiaires à travers la France. L'objectif est clair : dénoncer la surpopulation carcérale, accompagnée d'un manque criant de surveillants, avec une estimation de 4.000 à 5.000 postes vacants.
Actuellement, la maison d'arrêt de Besançon est saturée avec environ 460 détenus pour seulement 273 places disponibles. Ce surpeuplement est d'une inquiétude majeure, surtout lorsque l'on voit les agents présents en nombre restreint pour faire valoir leurs droits. Sur le trottoir, des pneus et des palettes témoignent d'un climat d'urgence. Aucune livraison n'est autorisée, aucune extraction de détenus, et les parloirs sont suspendus. Michel Tsatsas, un représentant de la CGT, souligne la montée des tensions : "Cela engendre inévitablement plus de stress lorsque des matelas sont entassés au sol dans des cellules qui ne sont pas conçues pour un tel surpeuplement".
Les problèmes ne se limitent pas à Besançon. À la maison d'arrêt de Vesoul, la situation est tout aussi préoccupante, avec 88 détenus pour seulement 43 places. Olivier Girard, surveillant dans cet établissement, déclare : "Après une carrière, changer de voie n'est pas enviable. Mais pour un jeune surveillant, je me demande s'il trouverait toujours la motivation de rester dans cette administration".
Une nouvelle maison d'arrêt à Besançon ?
Le député MoDem du Doubs, Laurent Croizier, a également fait le déplacement pour prendre la mesure de la situation. Il a rencontré les agents et abordé la question de la construction potentielle d'une nouvelle prison à Besançon. "Quels sont les avantages d'investir dans un bâtiment ancien du XIXe siècle ?", s'interroge-t-il. "Il serait judicieux de construire un établissement moderne en périphérie de la ville". Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, partage cet avis.
Cependant, le syndicat UFAP n'est pas certain que cette proposition soit la solution. Ils plaident plutôt pour la rénovation de l'existant, afin d'assurer un cadre de détention adapté à la dignité humaine.







