TotalEnergies affiche un bénéfice net phénoménal, que la multinationale tire en partie d’opérations spéculatives faites sur les marchés financiers au début de la guerre en Iran.
Par Matthieu Le Gall
Patrick Pouyanné, le dirigeant de TotalEnergies, n’hésite pas à mettre en avant l'importance stratégique de sa société. Récemment, il a même soutenu avec aplomb que les Français devraient apprécier la résilience de la multinationale dans un contexte d'approvisionnement incertain. En réponse à un étudiant questionnant la pertinence des énergies fossiles dans notre économie moderne, il a déclaré : « Vous êtes bien contents que je produise du pétrole en ce moment pour vous fournir de l’essence, du diesel et du kérosène qui va manquer dans quelques jours », soulignant ainsi l'énorme paradoxe qui l'entoure.
Les résultats financiers de TotalEnergies sont impressionnants, avec un bénéfice net s'élevant à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), soit une augmentation de 51 % par rapport à l'année précédente. Face à une telle avalanche de profits, la question du ruissellement de cette richesse devient incontournable. La multinationale assure que le plafonnement des prix des carburants dans ses stations est sa manière de « redistribuer ses profits », une affirmation qui mérite d’être examinée de plus près.
Un autre aspect mérite qu’on s’y attarde : la source de ces bénéfices. Initialement, la division Totsa du groupe, dédiée aux activités de trading, a réalisé des gains spectaculaires en pariant sur les fluctuations des marchés du brut, engrangeant près de 1 milliard de dollars (870 millions d’euros) dès le début des frappes en Iran, en anticipant la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz. Ce mode de fonctionnement, qui repose sur la spéculation, soulève des interrogations profondes sur l'éthique de ces pratiques dans un contexte de crise. Les critiques s'accumulent, faisant écho aux propos de nombreux observateurs, qui dénoncent le cynisme inhérent aux profiteurs de guerre.
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