Les États-Unis ont récemment évoqué la possibilité d'un blocus prolongé des ports iraniens, intensifiant une pression déjà considérable sur l'économie mondiale. Ce développement a de surcroît entraîné une flambée des prix du pétrole, atteignant leur plus haut niveau depuis quatre ans.
Depuis l'attaque israélo-américaine lancée contre Téhéran le 28 février, le conflit a fait des milliers de victimes, principalement en Iran et au Liban, provoquant des répercussions graves sur l'économie mondiale. Ce climat de tensions croissantes a été exacerbé par le blocus du détroit d'Ormuz, par où transite environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
À la Maison Blanche, des dirigeants du secteur pétrolier ont récemment discuté des mesures à prendre pour gérer la crise. Un haut responsable a déclaré : "Nous sommes prêts à prolonger le blocus si nécessaire, tout en cherchant à minimiser son impact sur les consommateurs américains." Ce point de vue a trouvé écho chez Donald Trump, qui a souligné que "le blocus fonctionne mieux que des bombardements" lors d'un entretien avec Axios.
Les cours du pétrole ont réagi rapidement, le baril de Brent dépassant les 119 dollars, un niveau enregistré pour la première fois depuis l'invasion ukrainienne par la Russie en 2022. Les analystes, comme ceux du cabinet DNB, s'inquiètent d'une éventuelle prolongation de ce blocage, notant que "les combats ont cessé, mais aucune solution viable n'émerge".
De son côté, Téhéran a accusé Washington de chercher à précipiter la chute de la République islamique. Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a exhorté à l'unité face à une pression qui vise à "diviser et affaiblir" le pays. Parallèlement, Vladimir Poutine a averti Trump des "conséquences néfastes" d'une nouvelle escalade militaire, mettant en jeu la stabilité régionale et mondiale.
Alors que le conflit semble ne pas avoir de fin en vue, Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, a été critiqué lors de son audition par des membres démocrates au Congrès. Les termes employés comprennent "désastre stratégique" et "bourbier", avec des questions sur le coût immense de la guerre, déjà estimé à 25 milliards de dollars, soulevant des interrogations sur les véritables objectifs de cette offensive contre l'Iran.
Les conséquences économiques se font durement sentir à l'intérieur des frontières iraniennes, avec un rial au plus bas historique face au dollar, comme l'indiquent divers sites de suivi des devises. Ali, un architecte de 52 ans, partagé par une journaliste de l'AFP à Paris, déclare : "La perspective d'un nouveau conflit est effrayante, mais il n'y a pas d'espoir pour des négociations fructueuses".
Les prévisions sont sombres, avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avertissant que l'augmentation des prix de l'énergie pourrait plonger plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté mondiale.
Les discussions pour un retour au dialogue restent bloquées après une rencontre infructueuse au Pakistan, le 11 avril. Trump a insinué sur son réseau social que les Iraniens devaient agir rapidement pour éviter des conséquences plus graves.
Sur le front libanais, un nouvel incident a marqué les tensions, avec deux morts suite à des frappes israéliennes. La situation humanitaire est alarmante : selon le Programme alimentaire mondial, 1,2 million de Libanais sur 4 à 5 millions sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë.







