Marx, le supplice de la goutte d’eau
Le restaurant de Thierry Marx, situé au château Cordeillan Bages à Pauillac, est un véritable temple de la gastronomie. Le chef, reconnu pour son parcours exceptionnel et son approche moderne, suscite l’admiration de tous. Lorsque l'on entre dans cet établissement, l'envie de faire partie de cette atmosphère bienveillante est immédiate. Une réservation est nécessaire, les soirées étant souvent complètes, ce qui nous amène à opter pour un déjeuner en semaine. L'accueil y est irréprochable, avec un service jeune et dynamique qui transmet son enthousiasme aux convives.
À la commande, mon choix se porte sur un "semi-pris de parmesan et petits pois, température en déclinaison" (29 euros, l'entrée la moins chère). Cependant, le repas débute par une série d’amuse-bouches au goût pour le moins audacieux, où s'entremêlent gelées de betterave et caramel dans une présentation presque exagérée. Cette expérience culinaire se révèle déroutante, demandant une vaste interprétation gustative. Une bouchée minimaliste, aussi délicate qu'un timbre, ne satisfait guère les attentes d’un repas convivial.
Alors que l'entrée fait son apparition, l'appétit, perturbé par ces amuse-bouches conceptuels, a du mal à se manifester. Ce "semi-pris" réussit à éveiller un intérêt, bien qu'il manque d’impact significatif. Entre temps, nous avons humé le "bar âge de pierre au cacao" (45 euros), qui en promettait beaucoup. Lorsque la serveuse l’a servi, une ambiance de curiosité électrisait notre table. Malheureusement, en bouche, l’ensemble est un peu sec, laissant sur notre faim. Notre appétit est mis à l'épreuve, alors que l'on attend des saveurs plus directes.
Finalement, le dessert arrive sous la forme d’un cannelé, présenté en pré-dessert. Sa provenance est révélée avec un accent bordelais, ajoutant une pointe d’humour à ce moment déjà chargé d'ironie. La brioche crue en lait de fermentation, bien que singulière, ne suscite qu'une vague curiosité. Ainsi, ce repas devient le théâtre d’une fine analyse des goûts, laissant l’envie d’écrire un article pour partager cette douce incompréhension culinaire.
Retrouvez les chroniques de François Simon sur son blog.







