Mercredi soir, à Belin-Béliet, plus d'une centaine de citoyens se sont réunis pour examiner le projet de méga-plateforme logistique proposé par la société PRD (Percier réalisation et développement). Depuis juin 2019, cette entreprise souhaite ériger un entrepôt de 50 000 m² à proximité de l'A63, promettant entre 150 et 350 emplois. Cependant, la coordination Touche pas à ma zone humide exprime de vives inquiétudes quant aux effets environnementaux de cette construction.
La réunion, qui s'est tenue à la salle des fêtes, a été marquée par des échanges tendus. Pierre, un hydrogéologue et habitant de Marcheprime, a déclaré : "Il ne fait aucun doute que nous nous trouvons sur une zone humide, comme l'ont indiqué des études sérieuses. Les espèces végétales et animales menacées sont là, et il est incohérent de prétendre le contraire." Son intervention a été suivie de nombreux applaudissements de la part des opposants au projet.
Le directeur général de PRD, Alexis Perret, a tenté de défendre le projet en affirmant que les terres sont "destinées au développement économique" et qu'il ne s'agit pas d'une zone humide historique. "Nous avons réduit la taille du projet pour minimiser son impact écologique", a-t-il souligné, évoquant des propositions de restauration de zones humides environnantes.
Malgré les assurances de compensation écologique, le public reste sceptique. Bruno Bureau, président de la Communauté de communes du Val de l’Ayre, a souligné l’importance économique du site : "Le territoire a besoin de ces 150 à 350 emplois. Peut-il se permettre de les refuser ?"
Des interrogations subsistent quant à l'identité de l'exploitant du pôle logistique, ce qui affole certains riverains. Annie, une agricultrice locale, a demandé : "Comment pouvez-vous avancer sans connaître l'activité, le type de camions, ou même les polluants que vous introduirez ?"
Julien Caron, directeur régional de PRD, a admis l'incertitude : "Notre but est de créer un site attrayant pour de futures entreprises. Une étude de trafic a été réalisée, prévoyant de nombreux camions, mais ce sont des estimations."
Les craintes des habitants vont également au-delà des enjeux environnementaux, rappelant les récents incendies de 2022. "Nous avons été victimes d'un cataclysme, préoccupés par les risques que représente un entrepôt au cœur de notre région," a averti Annie.
Afin de maintenir l'ordre, la commissaire-enquêtrice a rappelé aux participants : "Pas de débordement, s'il vous plaît." Un deuxième rendez-vous est prévu le 8 juillet, alors que l'enquête publique sera clôturée le 12 juillet.







