Mercredi, Jerome Powell s'apprête à tenir ce qui pourrait être sa dernière conférence de presse en tant que président de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), juste avant que son successeur désigné par Donald Trump prenne les rênes.
Le deuxième et dernier jour de la réunion de politique monétaire de la Fed a débuté à 09H00 (13H00 GMT).
Les investisseurs anticipent une annonce à 14H00 (18H00 GMT) concernant le maintien des taux directeurs, qui se situent actuellement entre 3,50 % et 3,75 %, un niveau inchangé depuis décembre.
L'attention se portera principalement sur le discours de M. Powell prévu pour 14H30.
Son mandat prend fin le 15 mai, et l'ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh, semble bien placé pour le remplacer rapidement.
Ce matin, une commission du Sénat a validé sa nomination, soutenue uniquement par les voix républicaines, rendant les démocrates sceptiques sur cette figure qu'ils qualifient de "marionnette" du président Trump.
Un vote plénier sera organisé ensuite pour finaliser les étapes menant à sa prise de fonction.
La situation était incertaine il y a quelques jours, notamment à cause d'une menace d'entrave au processus tant qu'une enquête du ministère de la Justice, perçue comme une intimidation par Trump, n'était pas levée. Cette enquête, bien que close récemment par un procureur proche de Trump, reste présente dans l'air du temps.
- "Rallier" les autres banquiers centraux -
Les observateurs se demandent maintenant si Jerome Powell choisira de quitter la Fed pour céder la place à son successeur ou s'il souhaitera maintenir un poste de gouverneur, son mandat actuel se terminant théoriquement en janvier 2028. Une telle décision priverait Trump de la possibilité de nommer rapidement une nouvelle personne.
La décision de Powell pourrait susciter de nombreuses interrogations, estime Belinda Roman, professeur d'économie à l'université de St. Mary's au Texas. Elle affirme que les investisseurs pourraient s'interroger sur l'avenir de la politique monétaire, alors qu'ils aspirent à "stabilité et indépendance" de la part des banquiers centraux.
"Si Kevin Warsh souhaite réellement abaisser les taux d'intérêt", avertit-elle, "il lui faudra obtenir le soutien des autres responsables". Actuellement, douze personnes, dont le président de la Fed lui-même, sont impliquées dans le vote des taux américains. Beaucoup préfèrent attendre d'observer comment la première économie mondiale fait face à la guerre au Moyen-Orient et à la flambée des prix de l'énergie qui en découle.
À l'heure actuelle, le taux de chômage est modeste (4,3 %) et la consommation est soutenue, mais l'inflation reste éloignée de l'objectif de 2 % fixé par la Fed.
même si un dénouement du conflit semble se profiler d'ici un mois, les prix ne devraient pas se stabiliser rapidement, prévient Mme Roman. En effet, "les hausses de l'énergie continueront d'affecter toute l'économie, des engrais à l'agriculture, en passant par l'alimentation et le transport".
Les investisseurs ne semblent pas envisager de hausse des taux par la Fed pour lutter contre l'inflation, selon l'outil d'analyse CME FedWatch, mais parient plutôt sur un statu quo prolongé.







