La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a lancé un appel pressant mercredi au gouvernement pour qu'il inscrit "au plus vite" le projet de loi antidote à la vie chère outre-mer à l'agenda de l'Assemblée nationale. Selon ses dires, la situation dans les territoires ultramarins est alarmante, avec des prix alimentaires dépassant de 40% ceux pratiqués sur le continent.
"Nous faisons face à une crise structurelle", a déclaré Mme Binet, qui n’a pas manqué de critiquer le gouvernement pour avoir laissé ce projet de loi, voté l'année passée au Sénat, sans suite. Elle a souligné que ce texte, déjà jugé insuffisant, nécessite d'être revitalisé pour répondre aux attentes urgentes des habitants des territoires.
Les propositions de Binet incluent la nécessité de converger socialement à Mayotte, de maximiser l'application des conventions collectives, ainsi que d'établir des plafonds sur les marges bénéficiaires et de démanteler les oligopoles économiques. Elle a également demandé que les aides publiques aux entreprises soient conditionnées à des pratiques respectueuses des consommateurs.
Initialement porté par l’ex-ministre Manuel Valls et adopté en octobre 2022 par le Sénat avec un avis mitigé, le projet peine à avancer. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait annoncé un report de son examen pour un approfondissement du texte, évoquant une discussion potentielle à partir de juin-juillet ou même à la rentrée parlementaire.
Pour le Premier ministre, Sébastien Lecornu, la lutte contre la vie chère est vitale, notamment après les manifestations qui ont secoué la Martinique en 2024. L'Insee a confirmé l'ampleur des disparités de prix, illustrant un écart pouvant atteindre 42% pour les produits alimentaires.
Au cours de cette conférence de presse, la CGT a également présenté un "socle syndical commun" visant à favoriser une action coordonnée entre ses confédérations de Martinique, La Réunion et Mayotte, s'insurgeant contre ce qu'elles définissent comme une continuité des rapports coloniaux économiques, sociaux et territoriaux.
Les organisations ont mis en avant le poids des grands groupes sur les prix, mentionnant des entreprises comme GBH en Martinique ou Colas à Mayotte, et exigent que des comités de groupes soient créés dans ces entreprises pour une meilleure transparence.







