L'Europe et le Canada ont montré un front uni lors d'une importante réunion diplomatique en Arménie, déterminés à s'unir dans un monde de plus en plus turbulent sous l'influence de Donald Trump.
"Nous ne sommes pas condamnés à un avenir rempli de transactions brutales et insulaires", a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney en ouvrant le sommet de la Communauté politique européenne (CPE) à Erevan. Cette rencontre marque une première historique, car c'est la première fois qu'un dirigeant non-européen participe à ce forum, traditionnellement réservé aux pays européens, à l'exception de la Russie et du Bélarus.
L'engagement de Carney envers une alliance des 'puissances moyennes' contre des forces hégémoniques comme les États-Unis et la Chine a résonné avec un air de nécessité parmi les chefs d'État présents. Ce soutien arrive à un moment décisif pour les Européens, qui ont récemment été déstabilisés par la décision de Trump de retirer 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne et ses menaces de nouvelles surtaxes douanières.
"Nous subissons les conséquences de notre dépendance au soutien militaire américain", a souligné le président français Emmanuel Macron, en précisant que la présence de Carney témoigne de la solidarité croissante entre les nations. "Nous avons tous besoin d'être ensemble," a-t-il ajouté.
Les dirigeants européens ont convenu de renforcer leurs propres capacités défensives. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que le retrait des forces américaines démontre l'urgence d'un pilier européen solide dans l'OTAN.
Un autre sujet phare de la rencontre concerne le soutien à l'Ukraine, alors que les nations européennes prennent le relais des États-Unis dans le financement de l'effort de guerre de Kiev, avec un prêt de 90 milliards d'euros validé par l'UE le mois dernier. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à maintenir la pression sur la Russie avec des sanctions améliorées, déclarant qu'il était essentiel de pousser Vladimir Poutine vers une solution pacifique.
La présence de Zelensky en Arménie, un ancien pays soviétique qui a maintenu des relations étroites avec Moscou après la chute de l'URSS, est un symbole fort de l'unité européenne. Bien que certains dirigeants, comme le chancelier allemand Friedrich Merz et le président turc Recep Tayyip Erdogan, aient manqué la réunion, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est finalement arrivé malgré un retard dû à des problèmes techniques.
Les discussions se tiennent dans un pays voisin de l'Iran, ce qui met en lumière les préoccupations européennes concernant les répercussions du conflit au Moyen-Orient, notamment sur le plan énergétique.
Dans le cadre de la CPE, un sommet UE-Arménie doit suivre, fournissant une plateforme pour les Européens de réaffirmer leur soutien à l'Arménie, alors qu'elle se prépare à des élections législatives décisives. Sous l'impulsion de son Premier ministre Nikol Pachinian, le pays espère se rapprocher de l'UE, ayant déjà déclaré son intention de candidature, bien qu'aucune demande formelle n'ait été soumise. Cela survient alors que Vladimir Poutine avait averti Pachinian que l'adhésion à l'UE serait "tout simplement impossible" en raison des liens économiques arméno-russes.







