Yannis Stournaras, gouverneur de la banque centrale grecque, a exprimé des préoccupations croissantes quant à l'avenir économique de la zone euro dans une interview accordée à Philenews. Il estime que l'inflation, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient, se manifeste alors que les économies européennes affichent une vigueur bien moindre qu'il y a un an.
Bien que la France et le reste de la zone euro devraient enregistrer une certaine croissance en 2026, Stournaras prévient que les craintes de récession sont "réelles et justifiées". Cette analyse résulte d'un contexte économique déjà affaibli, où la hausse des prix se heurte à des conditions de croissance restreintes, comme l'a souligné le gouverneur dans une discussion sur l'impact de la guerre en Ukraine.
"Nous ne sommes pas encore dans le scénario le plus pessimiste, mais si les tensions géopolitiques s'intensifient, le risque de récession pourrait se concrétiser", a déclaré Stournaras.
Sur la base des prévisions actuelles, la BCE projette un ralentissement significatif, avec une croissance prévue de 1,4 % en 2025, tombant à 0,9 % l'année suivante, bien que sa modélisation ne prévoit pas encore de récession pour cette année. De son côté, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a confirmé une augmentation de l'inflation à 3 % en avril, attribuée notamment à l'envolée des coûts énergétiques.
Les attentes de nouvelles hausses des taux directeurs par la BCE se confirment, une décision qui pourrait potentiellement étouffer la fragile reprise de la croissance en Europe. "Nous sommes dans une situation où des choix difficiles devront être faits, les décisions prendront en compte l'évolution des pressions sur les salaires et les anticipations d'inflation", a averti Stournaras, rappelant l'importance d'une réaction appropriée face à l'évolution du marché.
Des experts financiers s'accordent à dire que la BCE doit naviguer prudemment entre la nécessité de contrôler l'inflation tout en favorisant la croissance, dans un contexte où la France, par exemple, a vu sa croissance rester à l'arrêt au premier trimestre de cette année.
Dans ce contexte incertain, les acteurs économiques devront rester vigilants, car les décisions prises par la BCE pourraient avoir des répercussions significatives sur la dynamique économique à venir, tant en France qu'à l'échelle de l'ensemble de la zone euro.







