Depuis la neutralisation d'El Mencho, redoutable narcotrafiquant, en février dernier, Omar Garcia Harfuch est souvent désigné comme le "Batman mexicain". Ministre de l’Intérieur, ce personnage flamboyant a échappé à un attentat spectaculaire en 2020, où plus de 400 balles avaient été tirées contre sa voiture blindée.
À 44 ans, ce policier d'élite, affilié au parti Morena de la présidente, reste discret lors des événements publics. Néanmoins, son image d'invincibilité a conquis de nombreux Mexicains. Originaire d'une famille d'artistes et de policiers, Harfuch mène une lutte agressive contre le crime organisé aux côtés de Claudia Sheinbaum, qu'il pourrait éventuellement remplacer en 2030, selon ses réalisations.
Son ascension est propulsée par une répression accrue contre le narcotrafic, après la mort de Nemesio Oseguera, alias El Mencho, un événement qui a renforcé sa popularité. Oseguera, à l'origine d'une tentative d'assassinat contre lui, a été tué lors d'une opération militaire, consolidant ainsi l'empreinte de Harfuch sur la scène nationale.
Cette attaque ayant coûté la vie à deux de ses gardes du corps a laissé une marque indélébile sur le ministre. Gerardo Rodriguez, expert en sécurité nationale à l'Université des Amériques Puebla, évoque l'impact de telles expériences, affirmant : "Cela façonne un sens du devoir".
Sous sa supervision, les homicides à Mexico ont chuté de 50 %, un chiffre corroboré par des données gouvernementales. Par ailleurs, il a instauré une unité d'élite formée aux États-Unis, dotée de ressources d’investigation étendues.
Concernant ses relations, Harfuch a collaboré étroitement avec Sheinbaum, multipliant les saisies de drogues et les arrestations de chefs criminels, ce qui a fait baisser les homicides au niveau national aux chiffres les plus bas depuis 2015. Toutefois, son parcours n'a pas été exempt de controverses, étant lié aux disparitions d’Iguala en 2014.
En réponse aux allégations de couverture d'informations sur ces enlèvements, Harfuch a fermement démenti sa participation à une réunion controversée sur le sujet.
Ancienne supérieure de Harfuch, Maribel Cervantes, se souvient d'un jeune policier idéaliste avec une vision presque poétique du métier. Elle note qu'il a suivi une formation auprès du FBI et collabore régulièrement avec des responsables américains pour contrer le trafic de stupéfiants.
"C'est un flic qui aime la rue, pas le bureau", souligne-t-elle, illustrant sa passion pour les opérations en terrain hostile. Cependant, certains collègues craignent que le monde politique ne le transforme : "Le pire, c'est de perdre le Harfuch que j'ai connu", confie un haut responsable de la police.







