Les autorités polonaises ont vivement réagi à la décision récente du président ukrainien Volodymyr Zelensky de baptiser une unité militaire en l'honneur d'une organisation nationaliste associée à des massacres de Polonais durant la Seconde Guerre mondiale. Ce choix a provoqué une onde de choc à Varsovie, où l'on dénombre plus de 100.000 victimes de ces violences.
Indigné par cette décision, Karol Nawrocki, président du Comité de commémoration des victimes, a même évoqué une possible révocation de l'Ordre de l'Aigle Blanc, la distinction honorifique que Zelensky avait reçue pour ses efforts visant à renforcer les liens entre les deux nations.
Cette dispute sur la mémoire historique, qui perdure depuis des décennies, aggrave les relations déjà tendues entre Kiev et Varsovie à un moment où la Pologne joue un rôle crucial dans le soutien à l'Ukraine contre l'agression russe.
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, bien que favorable à l'Ukraine, a exprimé sa préoccupation concernant cette référence historique, la qualifiant d'inquiétante. Tusk a mis en garde, sur Twitter, que si les chefs d'État se laissent emporter par ces querelles du passé, cela pourrait bénéficier à leurs adversaires.
Les tensions ont été exacerbées par le décret signé par Zelensky, qui a nommé le Centre spécial d'opérations "Nord" après les "Héros de l'UPA", l'Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui, au cours de la guerre, a coopéré avec les nazis tout en luttant contre le joug soviétique.
Pour Tusk, une telle décision blesse profondément la sensibilité historique polonaise et réactive des souvenirs douloureux. En revanche, Nawrocki va plus loin, déclarant que cette glorification d'une partie controversée de l'histoire ukrainienne démontre que l'Ukraine n'est pas prête à rejoindre la famille européenne, comme le rapportent plusieurs médias polonais.
Lech Walesa, ancien président polonais et lauréat du prix Nobel de la Paix, a également exprimé son mécontentement face à l'attitude de Zelensky, annonçant qu'il ne pourrait plus soutenir ce dernier tout en continuant d'appuyer le peuple ukrainien dans son combat contre le régime russe.
Les relations sont d'autant plus délicates que la Pologne demande à l'Ukraine de reconnaître les massacres de Volhynie, événements tragiques survenus entre 1943 et 1945. En 2025, les deux pays avaient commencé à exhumer les restes des victimes, tentant de réconciliation.
Parallèlement, l'Ukraine projette de créer un panthéon honorant les héros de son indépendance, une initiative qui pourrait occulter certaines pages sombres de son histoire. Le retour d'Andriy Melnyk, figure controversée liée à l'Organisation des nationalistes ukrainiens, a également suscité de vives inquiétudes.







