« Redevenir la première puissance d’Europe en dix ans », sans « le sang et les larmes » : Gabriel Attal a tenté de marquer les esprits lors de son premier meeting de campagne présidentielle ce samedi à Paris.
Entre 3.000 et 4.000 personnes – plus de 5.000 selon les membres de l’équipe du candidat – se sont réunies au parc des expositions de Paris, dans un hall climatisé, en décalage avec la chaleur estivale extérieure. Gabriel Attal (Renaissance) a organisé cet événement un peu plus d'une semaine après sa déclaration de candidature en Aveyron.
La foule était constituée de nombreux jeunes et de diverses générations, rappelant les rassemblements d’En Marche, neuf ans après la première victoire électorale d’Emmanuel Macron, avec qui Attal a des relations compliquées depuis la dissolution.
LFI et le RN, ses adversaires désignés
« Le président m’a fait confiance et ça, je ne l’oublierai jamais », a déclaré Attal, qui s’est ensuite présenté comme le candidat de « l’espoir », « de l’avenir » et de « l’optimisme ». « Je laisse à d’autres le sang et les larmes. Moi, je vous promets l’action et l’espoir », a-t-il précisé, insinuant clairement une critique à l’égard d’Édouard Philippe, dont la campagne a été jugée timide.
Il a identifié ses adversaires non pas parmi ceux ayant partagé le pouvoir jusqu’en 2024, mais plutôt « parmi les marchands de haine, les apôtres du déclin, les artisans de la nostalgie », visant clairement « La France insoumise et le Rassemblement national ». « L'enjeu est que les Français retrouvent le goût de l’avenir », a-t-il résumé, dans un discours aux accents macroniens, avertissant contre le risque d'une « fracture intergénérationnelle » et le retour des « vieux clivages politiques ».
Les quatre priorités du candidat Attal
Le dirigeant de Renaissance a énoncé ses « quatre chantiers capitaux » : éducation, emploi, immigration et intelligence artificielle. Concernant l’éducation, Attal a exprimé son désir de « rétablir l’exigence de niveau », affirmant que « le pas de vague, c’est fini », et a promis de faire de chaque classe primaire un lieu d'apprentissage avec moins de 20 élèves.
Sur le volet économique, il a déclaré refuser de céder « le monopole » sur les questions de travail et de salaires à la gauche, annonçant la présentation d'une « stratégie complète pour une hausse massive des salaires ».
Concernant les « frontières », Attal a expliqué qu'elles ne seraient pas l'apanage de la droite, affirmant son ambition d'une « préférence travail » pour l'immigration, assortie d'un système de quotas, avec une approche européenne. De plus, il aspire à faire de la France « la première puissance d’Europe en intelligence artificielle » et prévoit de régler « deux dettes : la dette publique et la dette climatique », promettant de « résorber notre déficit en dix ans au plus tard ».
Pour cet événement inaugural, plusieurs figures de Renaissance étaient absentes, notamment Élisabeth Borne, mais le candidat a mentionné la présence de « 80 parlementaires » et de quatre ministres, ainsi que l'ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.
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