Le ministre de la Défense américain a de nouveau pointé du doigt les Européens, leur reprochant d’avoir trop compté sur les États-Unis pour leur défense.
Le 30 mai dernier, lors d'une grande conférence de défense à Singapour, Pete Hegseth s'est exprimé sur la nécessité pour les pays européens de ne plus ignorer leurs responsabilités en matière de sécurité. En effet, il a souligné que ces nations ont « trop longtemps » esquivé les appels à un renforcement de leurs capacités. Hegseth a noté que des « décisions importantes » sur la sécurité européenne sont imminentes.
Dans son allocution, il a également loué les alliés asiatiques, se félicitant de leur compréhension que tout partenariat solide repose sur des intérêts nationaux concrets plutôt que sur des idéaux. Selon lui, « quand nos intérêts s'alignent, nous agissons ensemble. Quand ils divergent, nous adaptons sans drame ni morale ». Il n'a pas hésité à suggérer à l'Europe de tirer des leçons de cette approche.
Cette critique tranche avec les discours antérieurs des administrations américaines, notamment pendant la présidence de Donald Trump, qui avaient déjà mis en avant le manque d'engagement des Européens. Hegseth a affirmé que, tandis que les dirigeants européens prêchaient des valeurs mondialistes, ils négligeaient les moyens de défendre leurs propres frontières, en laissant leurs armées se désavantager.
Objectif : réduire l’aide militaire américaine
En écho aux préoccupations déjà évoquées par Trump, Hegseth a insisté sur le fait que l’Europe doit assumer une part de sa sécurité. La volonté de réduire la présence militaire américaine sur le vieux continent s’intensifie, surtout avec les réticences des Européens concernant certaines tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.
Il a affirmé : « L’Europe et l’Otan doivent prendre des décisions critiques et vous en serez informés bientôt », tout en déplorant que les appels répétés à un investissement accru dans la défense n’aient guère trouvé écho. « Ils commencent enfin à rattraper leur retard. »
La pression de l'administration Trump a conduit l'Otan à se fixer pour objectif d'atteindre 5 % du PIB des membres consacrés à la défense, un seuil que plusieurs pays européens peinent encore à atteindre. Lors d'un récent sommet en Suède, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a clairement indiqué que les Européens devront envisager une future autonomisation militaire, signalant ainsi un changement de paradigme dans la relation transatlantique.







