Ce 31 mai, l'armée israélienne a déclaré avoir pris possession de la forteresse, un événement salué comme un "tournant décisif" par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon lui, cette capture marque une avancée significative dans leur offensive contre le Hezbollah. "La prise de Beaufort est une étape spectaculaire", a déclaré Netanyahu, insistant sur la nécessité d'étendre le contrôle sur les positions précédemment occupées par le groupe militaire libanais.
Construite par les Croisés au XIIe siècle, la forteresse est particulièrement stratégique, dominatrice sur le sud du Liban et la frontière nord d'Israël. Son acquisition pourrait faciliter une progression vers la région de Nabatiyé, relançant les tensions dans une zone déjà volatile.
Une victoire symbolique
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a exprimé sa satisfaction face à cette avancée militaire, rappelant que cela célèbre un retour des forces israéliennes à Beaufort après quarante-quatre ans. "Nous revenons au sommet de Beaufort," a-t-il déclaré au milieu de vives tensions.
Cependant, cette opération a suscité des critiques. Ghassan Salamé, ministre de la Culture libanais, a averti que cette offensive met en danger un site historique protégé par l'UNESCO, soulignant que "Beaufort est un site archéologique, pas une base militaire". Les voix au sein du Hezbollah, comme celle du député Hassan Fadlallah, ont exprimé leur indignation, concédant que cette capture ne devrait pas passer inaperçue pour les patriotes libanais.
D'après le professeur Yagil Levy de l'Université ouverte d'Israël, ce succès est principalement une "victoire d'image" pour Israël, qui tente de redorer son blason face à des critiques croissantes sur sa stratégie militaire. Selon Levy, les stigmates d'une guerre de longue durée apparaissent, alors que des plaintes émergent à propos de l'efficacité de l'armée israélienne face aux drones et à la résilience du Hezbollah.
La France appelle à un cessez-le-feu
En réponse à cette escalade, la France a exprimé de vives inquiétudes. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a convoqué une réunion d'urgence avec le Conseil de sécurité de l'ONU, affirmant que "rien ne justifie" les actions israéliennes en cours. Emmanuel Macron a également condamné l'escalade des hostilités, réclamant un retour immédiat à la paix.
Les bombardements israéliens sur des infrastructures du Hezbollah, notamment à Tyr, ont trouvé un écho dans les médias libanais, rapportant des blessés et d'importants dommages civils. "La campagne n'est pas encore terminée," a prévenu Israël Katz, indiquant qu'il reste des objectifs à atteindre.
Réactions des dirigeants libanais
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé la "politique de la terre brûlée" d'Israël. Toutefois, il a réaffirmé la volonté de son gouvernement de poursuivre les négociations, malgré le rejet des discussions par le Hezbollah. Le Liban et Israël prévoient un nouveau round de pourparlers à Washington, bien que ces efforts de cessez-le-feu n'aient pas encore porté leurs fruits.
Les pertes depuis le début des hostilités s'élèvent à plus de 3 412 morts côté libanais et environ 25 militaires israéliens. Pour le Liban, l'urgence de la situation est plus pressante que jamais.







