Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a instauré une interdiction stricte des rassemblements de masse à Kinshasa ainsi que dans trois autres provinces afin de contrer la propagation de l'épidémie d'Ébola. Cette décision fait suite à l'ampleur de la situation, qui, bien que n'ayant pas encore touché la capitale, inquiète les autorités.
Depuis le 15 mai, la RDC fait face à sa 17e épidémie d'Ébola, avec au moins 1 274 cas et 360 décès rapportés, selon les dernières données officielles. La situation est particulièrement préoccupante dans la province de l'Ituri, où les autorités locales évoquent des difficultés humanitaires exacerbées par l'insécurité régionale (Sud Ouest).
Le ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, a adressé un courrier officiel ordonnant l'interdiction des « attroupements de masse » pour éviter toute contamination. À l'approche d'une manifestation de l'opposition prévue pour le 8 juillet, certains craignent que cette interdiction ne soit utilisée pour réprimer la dissidence. « Cette situation crée un climat de tension politique alors que des élections présidentielles sont prévues dans moins de deux ans », a commenté un analyste politique local.
Des tensions grandissantes à l'approche des élections
Avec les tensions montantes entre le gouvernement et les partis d'opposition, ce climat de crise pourrait avoir des répercussions considérables. Un projet de loi, récemment adopté par un Parlement majoritairement pro-gouvernemental, vise à réviser la Constitution, ouvrant ainsi la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi, ce qui suscite l'indignation de nombreuses voix critiques.
Des violences avaient déjà éclaté lors d'une précédente manifestation, faisant état de plusieurs blessés parmi les opposants. Les Nations unies ont exprimé leurs préoccupations face à ces événements, appelant à un dialogue constructif pour garantir la sécurité de tous les citoyens congolais.
Pour le ministre Shabani, l'appel à manifester en période épidémique pourrait être perçu comme un acte de « haute trahison », ajoutant une couche supplémentaire à cette crise déjà complexe. Dans ce contexte, les autorités mettent l'accent sur la nécessité de protéger la population, tout en naviguant entre santé publique et droits civiques.







