Israël a exprimé sa volonté de progresser vers le retrait de ses forces de deux zones stratégiques dans le sud du Liban, alors que des discussions cruciales se tiennent mardi à Rome, dans un climat tendu du Moyen-Orient marqué par une récente intensification des hostilités.
Les négociations actuelles font suite à un accord-cadre signé le 26 juin, visant à établir une "paix durable" entre les deux nations, qui sont techniquement en guerre depuis de nombreuses années. Cet accord a été le fruit de plusieurs cycles de pourparlers menés à Washington.
Cependant, le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a rejeté cet accord, notamment son premier pas visant le retrait israélien des "zones pilotes" dans le sud libanais. Gideon Saar, le ministre israélien des Affaires étrangères, a affirmé que son pays est disposé à "aller de l'avant" et à appliquer les termes de l’accord, soulignant que les discussions à Rome sont prometteuses.
A ce jour, les détails des pourparlers restent secrets, mais des journalistes de l’AFP ont observé l’arrivée des délégations dans le cadre sécurisé de l'ambassade des États-Unis à Rome, qui s'est abstenue de tout commentaire.
Selon la présidence libanaise, la délégation libanaise a été instruite de demander le retrait immédiat des forces israéliennes de ces zones avant d'engager d'autres discussions. Une source diplomatique a mentionné que l'armée libanaise est prête à assumer progressivement le contrôle des zones libérées par Israël.
L’analyste Orna Mizrahi a déclaré que "le retrait progressif d’Israël est envisageable, à condition que le Hezbollah ne soit pas présent dans les zones évacuées et que l'armée libanaise ait les capacités nécessaires pour maintenir ces espaces démilitarisés".
Des discussions entre une délégation militaire américaine et l'armée libanaise ont d'ores et déjà commencé à Beyrouth pour établir les modalités de ce retrait.
Cet accord-cadre est intervenu après l'instauration d'un cessez-le-feu fragile à la suite d'une escalade de violence débutée en mars entre le Hezbollah et l'armée israélienne, dans un contexte marqué par des attaques réciproques.
Malgré cette dynamique, l'armée israélienne continue de mener des frappes ciblées dans le sud du Liban et des pages officielles rapportent des destructions dans plusieurs villages. Selon les autorités libanaises, la guerre a déjà fait plus de 4 300 victimes depuis son commencement, tandis qu'Israël aurait perdu 38 soldats.
Karim Bitar, expert en relations internationales à Sciences Po Paris, a exprimé des réserves quant à la probabilité d'une avancée substantielle à Rome, soulignant que ces négociations sont davantage une démonstration du processus en cours plutôt qu'une réelle avancée. Téhéran a conditionné son soutien au Liban à l'arrêt des hostilités, ce qui semble actuellement compromis par une intensification des frappes au Moyen-Orient.
Mizrahi a souligné que les Iraniens tenteraient de tirer parti de la situation, mais que Téhéran pourrait reconsidérer ses options avant d'inciter le Hezbollah à intensifier la violence. "L'Iran souhaite surtout conserver le Hezbollah comme un outil de dissuasion plutôt que de l'utiliser immédiatement pour créer un nouveau conflit", a-t-elle ajouté.







