L'Union européenne a provoqué un vif débat en accueillant une délégation de représentants talibans en Belgique fin juin. Cette initiative, qui a suscité l'indignation des ONG, doit être clarifiée lors de l'audition du commissaire européen aux migrations, Magnus Brunner, prévue ce mardi devant le Parlement européen.
Cette rencontre, qui s'est tenue près de Bruxelles le 23 juin, portait sur la problématique délicate des expulsions de migrants afghans. En effet, plusieurs États membres de l'UE, notamment la Suède et la Belgique, souhaitent accentuer les renvois des Afghans, notamment ceux ayant été condamnés par la justice.
Bien que les autorités talibanes ne bénéficient pas de reconnaissance officielle par l'UE, elles cherchent à affirmer leur place sur la scène internationale. Cependant, cette démarche a été vivement critiquée par des associations de défense des droits humains et par des groupes politiques de gauche au sein du Parlement européen, qui y voient un rapprochement inacceptable avec un régime notoire pour ses atteintes aux droits fondamentaux.
« Les talibans ne sont pas des interlocuteurs comme les autres », s'est indignée l’eurodéputée écologiste Saskia Bricmont, dénonçant la politique répressive de ce régime envers les femmes et son attitude face à toute forme d'opposition.
L'élue belge, qui a appelé à l'audition de Brunner, souhaite obtenir des éclaircissements sur les intentions de l'UE concernant la normalisation de ses relations avec les talibans. En réponse aux critiques, la Commission européenne défend cette réunion en soulignant qu'elle s'est tenue à un niveau technique et ne concernait pas les plus hauts dignitaires talibans, faisant suite à des visites d'Européens à Kaboul.
« Nous avons simplement fait ce que 20 États membres nous ont demandé de faire », a affirmé un responsable européen auprès de l'AFP, tout en reconnaissant la sensibilité du sujet. L'organisation de cette réunion a été soigneusement pensée, avec une localisation près de l’aéroport de Bruxelles, pour éviter d'attirer l'attention médiatique.
De leur côté, les responsables talibans ont qualifié les discussions d'« constructives », laissant entrevoir une volonté de dialogue de la part de Bruxelles. Cependant, ce mouvement pourrait ouvrir un débat plus large sur les stratégies migratoires et politiques de l'UE, face à une situation humanitaire complexe en Afghanistan.







