Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que l'Iran se préparait à la guerre, et cela dans un contexte de tensions exacerbées après les déclarations répétées de Donald Trump concernant une intervention militaire potentielle, si la répression des manifestations se poursuivait.
Alors que des manifestations massives se déroulent à Téhéran et dans d'autres villes, les autorités ont réagi en organisant des contre-manifestations en soutien à la République islamique, confrontée à l'un de ses plus grands défis depuis sa création en 1979. L'ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a rapporté que près de 192 manifestants avaient perdu la vie depuis le début des troubles le 28 décembre, mais a averti que ce chiffre pourrait être bien supérieur, qualifiant la situation de "massacre" au sein du peuple iranien.
Des données non vérifiées circulent, évoquant jusqu'à 2 000 décès, ainsi que plus de 2 600 détentions. Malgré les coupures d'Internet, des vidéos et des images circulent, montrant l'ampleur des manifestations dans plusieurs villes iraniennes, y compris des scènes de corps enveloppés dans des sacs noirs devant des morgues.
Les révoltes, initialement déclenchées par des questions économiques face à l'hyperinflation, sont désormais une étonnante défiance ouverte à l'égard du régime. Ce mouvement survient dans un Iran affaibli, en partie à cause des répercussions de sa brève guerre avec Israël l'année dernière et des sanctions internationales liées à son programme nucléaire, imposées à nouveau en septembre par l'ONU.
En réponse aux menaces américaines, Trump a suggéré que le gouvernement iranien souhaitait négocier; cependant, il n'a pas écarté l'idée d'une intervention militaire. Le ministre des Affaires étrangères d'Iran, Abbas Araghchi, a répliqué en affirmant que bien que l'Iran ne recherche pas la guerre, il est tout à fait préparé à fait face à une éventualité militaire.
"Nous sommes également prêts à discuter, mais cela doit se faire dans des conditions équitables et basées sur le respect mutuel", a-t-il ajouté. En réaction aux manifestations, le gouvernement a déclaré trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", incluant des membres des forces de sécurité tués durant ces manifestations.
Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer à une "marche de résistance" à travers le pays pour dénoncer les actes de violence. Pendant ce temps, la télévision d'État diffuse des images de violences, y compris des incidents dans des bâtiments en feu, exacerbant encore la tension dans le pays.
Le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI) a indiqué que les hôpitaux étaient débordés par le nombre de blessés, tandis qu'une vidéo récente montrait des manifestants rassemblés à Téhéran en scandant des slogans pro-monarchiques.
Reza Pahlavi, fils de l'ancien chah et figure de l'opposition, a lancé un appel sur les réseaux sociaux aux forces armées pour qu'elles se rangent aux côtés du peuple. Ce mouvement de protestation, né d'un mécontentement face à la vie chère, marque le plus grand soulèvement contre le pouvoir depuis septembre 2022, suite à la mort de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du code vestimentaire imposé aux femmes.
Les manifestations de solidarité se sont également répandues à l'étranger, notamment à Paris, Londres et Vienne, témoignant d’un soutien international croissant à la lutte du peuple iranien.







