La contestation en Iran est à son apogée, alors que la population exprime son désespoir face à la dévaluation du toman, monnaie nationale, qui a atteint des niveaux désastreux face au dollar. Cette crise économique est ressentie particulièrement par les petites classes commerçantes, notamment les bazaris, historiquement considérés comme des soutiens du régime. Des grèves spontanées et la fermeture de boutiques témoignent de cette colère croissante, servant à la fois de contestation économique et politique.
Au fil des jours, les manifestations, qui ont commencé par une révolte des bazaris, se sont rapidement étendues pour inclure les classes moyennes urbaines et de nombreux jeunes diplômés en détresse. Ce phénomène s’explique par une crise économique persistante et la perte de confiance dans un régime qui ne semble plus capable de garantir la prospérité promise en échange de sacrifices. Selon le quotidien français Le Monde, cette dynamique révèle un sentiment de dépossession croissant parmi la population.
Les manifestations ont également une forte composante géographique, avec des régions périphériques, comme le Kurdistan et le Baloutchistan, en première ligne. Ici, les slogans vont au-delà des revendications économiques, ciblant le système politique tout entier. La répression par les forces de sécurité est plus brutale dans ces zones, symbolisant l'indifférence du pouvoir face aux désirs de ces populations marginalisées.
Malgré cette montée de la contestation, l'opposition politique reste fragmentée et sans leader central. Cela crée un double tranchant : si cette absence de structure complique les efforts du régime pour défaire le mouvement en arrêtant des figures emblématiques, elle limite également la capacité de la contestation à se doter d'un projet politique clair. Le prince Reza Pahlavi, héritier du dernier shah, apparaît comme l'une des rares figures emblématiques, bien que son véritable impact et l'adhésion à sa cause soient encore incertains.
Dans ce contexte difficile, le régime iranien se retrouve face à un choix crucial : continuer à réprimer ou tenter d'apaiser les tensions par des reformes. Le décalage croissant entre le pouvoir et la population pourrait mener à une crise politique sans précédent. Les experts avertissent que si aucune mesure n'est prise pour adresser les racines du mécontentement, la révolte pourrait franchir une nouvelle étape, entraînant un chaos d'une ampleur insoupçonnée. Les signaux sont clairs, et l'avenir du régime, autrefois considéré comme inébranlable, est devenu incertain.







