La situation en Iran est de plus en plus alarmante. Faisant face à un soulèvement populaire sans précédent, le régime des mollahs a récemment coupé l'accès à Internet dans une tentative désespérée d'étouffer les voix de contestation et d'assourdir les échos de la brutalité policière. Les estimations du nombre de manifestants tués sont encore floues, mais des témoignages et des images troublantes font état d'une répression sanglante.
Le dimanche 11 janvier, les organisations non gouvernementales ont rapporté que plus de 500 personnes avaient été tuées au cours des deux dernières semaines de déchaînement de violence. Sur des vidéos diffusées clandestinement, on découvre des corps alignés dans des sacs plastiques, témoignant de l'ampleur de cette tragédie. Les familles en pleurs peinent à identifier leurs proches, souvent dans un état déplorable, comme le rapporte le journaliste de France 24, qui évoque des scènes d'une grande détresse humaine.
Une morgue saturée et des témoins désespérés
Un médecin contacté par la sociologue Mahnaz Shirali a décrit une situation catastrophique dans les hôpitaux de Téhéran, où les morgues débordent et où les médecins sont contraints de refuser de nouveaux corps. "Les témoignages sont poignants ; les médecins m’ont assuré qu’ils ne savaient plus où mettre les victimes," a-t-elle déclaré.
Les images de gardiens de la révolution tirant sur des manifestants circulent sur les réseaux sociaux, ajoutant à l'effroi. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a lui-même fait allusion à ces pertes humaines, en exprimant ses condoléances aux familles tout en condamnant les manifestations. Il a déclaré : "Chers jeunes, n'écoutez pas ces agitateurs et terroristes. En effet, ce qui se passe entraîne des conséquences douloureuses pour certaines familles."
Reza Pahlavi : un retour symbolique en ligne de mire
Au milieu de ce tumulte, une figure notable émerge : Reza Pahlavi, fils de l'ancien shah d'Iran, exilé depuis des décennies. Dans une récente déclaration à la télévision américaine, il a affirmé être prêt à retourner en Iran, évoquant une 'opportunité' unique de changement. "Je suis préparé à rentrer dès que possible, avec une équipe de transition," a-t-il déclaré, galvanisant certains manifestants qui voient en lui un symbole d’espoir.
Pour contrer ce mouvement de contestation, le gouvernement a également organisé des manifestations pro-régime, affirmant son pouvoir et ses engagements envers 'la résistance islamique'. Les trois jours de deuil national proclamés par le régime mettent en lumière une stratégie pour rallier des partisans, bien que la colère populaire semble de plus en plus insatiable. La communauté internationale suit ces événements de près, et des experts s’inquiètent des conséquences qui pourraient découler d'une telle polarisation, augmentant les tensions géopolitiques dans la région. "Les répercussions de ce mouvement pourraient s'étendre bien au-delà des frontières iraniennes" averti un analyste du Middle East Eye.







