Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a récemment annoncé que ses députés ne voteront pas les motions de censure contre le gouvernement concernant l'accord de libre-échange avec le Mercosur, présenté par le Rassemblement national (RN) et La France Insoumise (LFI). Dans une interview sur BFMTV, il a précisé que la position fluctuante d'Emmanuel Macron sur cette question ne justifie pas un tel vote de défiance.
"Pour l'heure, il a dit non. Et dans quelques jours, nous aurons un vote au Parlement européen. Il serait peu judicieux de censurer le gouvernement alors qu’un tel vote se profile", a déclaré Faure. Cette déclaration souligne l'importance stratégique que le PS accorde à la décision européenne imminente, arguant qu'il est crucial de maintenir une certaine stabilité politique.
Deux motions de censure doivent être discutées en milieu de semaine à l'Assemblée nationale. Selon des analystes, cette démarche des opposants pourrait refléter une tentative de placer le gouvernement sous pression, même si les chances de succès demeurent minces.
En ce qui concerne le budget et la possibilité que le Premier ministre utilise l'article 49, alinéa 3 de la Constitution pour sa validation, Faure se refuse à en soutenir l'idée. "Appeler à un 49.3 serait complètement absurde. Ce mécanisme permet au gouvernement de passer une loi sans vote, un procédé que je ne peux que critiquer", a-t-il affirmé. L'ancien président socialiste, François Hollande, a également évoqué des inquiétudes sur l'usage de cet outil constitutionnel, affirmant qu'il pourrait fragiliser encore plus le lien entre le gouvernement et le Parlement.
Pour Faure, ce qui importe réellement, c’est le contenu des propositions budgétaires putatives qui seront mises en avant, qu'elles passent par un vote normal ou par le mécanisme du 49.3. Prochainement, une réunion à Bercy rassemblera le PS et le gouvernement pour discuter des enjeux budgétaires, où Faure a demandé des avancées sur des questions critiques, telles que l'écologie, les services publics et un réajustement des bénéfices des entreprises à hauteur de 8 milliards d'euros.
Expert en politique économique, Le Monde souligne que le PS cherche à naviguer habilement entre la nécessité de maintenir une opposition constructive tout en évitant les pièges tendus par des partenaires politiques aux idéologies diamétralement opposées.







