Dans un petit village de Saint-Martin-de-Coux, une chasse à courre a déclenché une réaction en chaîne. Le 4 janvier, un lièvre, poussé par une meute de chiens, s'est retrouvé acculé et piégé dans un grillage. Des images, capturées par l'association Nos Viventia, montrent la détresse de l'animal, amplifiant les appels à l'abolition de cette pratique de chasse jugée "cruelle". La vidéo diffusée par l'association a suscité colère et indignation, mettant en lumière les souffrances endurées par les animaux lors de ces chasses.
Pierre Rigaux, écologue et fondateur de Nos Viventia, souligne que "le cœur du sujet repose sur la souffrance animale". Selon lui, ce mode de chasse, utilisant des chiens comme armes, va à l'encontre des lois sur la protection des animaux. Il a d’ailleurs lancé une pétition qui a déjà récolté 1840 signatures pour demander l'interdiction de la vénérie au lièvre.
En réponse à ces accusations, Christophe Bouyer, président de la Fédération départementale des chasseurs, défend la légalité de la pratique, déclarant : "C’est un mode de chasse qui a toute sa place ici. Bien que certains accidents, tels que celui du lièvre coincé, soient regrettables, cela reste un fait de chasse. Souvent, l'animal réussit à s'échapper."
Ce débat s'inscrit dans une dynamique plus large sur la chasse en France. Des experts et organismes de protection des animaux, comme la Fondation 30 Millions d'Amis, sont de plus en plus vocalisés contre des pratiques jugées injustifiables. Alors que les mentalités évoluent, la pression pour réformer les lois sur la chasse semble s'intensifier.
Les opposants à la vénérie soulignent que ces pratiques ne tiennent pas compte de l'évolution des sensibilités sociétales envers le bien-être animal. À l'instar d'une récente étude de l'Institut de la protection animale, qui révèle une opposition croissante, près de 80 % des Français se disent favorables à une limitation, voire à un interdiction totale de ces chasses aux pratiques archaïques.
La chasse à courre continue donc d'être un sujet de division en France, opposant fervents défenseurs de la tradition et militants de la cause animale. À mesure que le débat s'intensifie, une question demeure : jusqu'où ira la société dans sa quête de protection animale face à des pratiques ancestrales?







