Les chefs d'entreprise sont de plus en plus inquiets des changements fréquents dans la fiscalité annoncés par le gouvernement. Avec le budget de 2026, le ministre Sébastien Lecornu a dû faire des concessions au Parti Socialiste pour éviter une censure budgétaire, laissant de nombreux patrons se sentir trahis. Ils interprètent ces revirements comme une remise en question de la crédibilité du gouvernement.
Le président du Medef, Patrick Martin, a récemment souligné sa préoccupation sur les réseaux sociaux, évoquant la nécessité d'une politique économique cohérente et stable, qui ne pénalise pas les entreprises. Les promesses d'une non-reconduction de la surtaxe sur l'impôt des sociétés ont été démenties lorsqu'elle a été rétablie, soulevant un tollé parmi les acteurs économiques.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a exprimé des réserves similaires, notant que tant que le déficit public ne serait pas sous contrôle, des mesures temporaires comme cette surtaxe pourraient devenir courantes. Les experts estiment que le retour de cette taxation pourrait coûter environ 8 milliards d'euros, une somme considérable qui aurait pu être investie dans la croissance et l'innovation.
Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, suggère que même les petites et moyennes entreprises subiront les conséquences des décisions fiscales récentes, ajoutant que ces changements envoie un « signal terrible » quant à la valeur de la parole politique. Les chefs d'entreprise sont appelés à accepter le budget actuel, malgré leurs réserves, le qualifiant de « budget de renoncement ».
Une représentation proche de l'Afep, une association influente, a également condamné cette politique, signalant que 16 milliards d'euros pourraient disparaître de l'économie d'ici deux ans. Cela pourrait nuire aux investissements et à l'innovation pendant une période de tensions géopolitiques croissantes.
Patrick Martin, bien qu'exprimant son mécontentement, tente de se concentrer sur les priorités essentielles telles que le soutien à l'industrie de défense et l'innovation. Selon lui, les décisions concernant l'implantation et l'allocation de capital pour les cinq prochaines années sont en jeu et pourraient très bien être prises ailleurs si la situation ne s'améliore pas, concluant ainsi sur un appel à l'action pour le gouvernement.







