Les incendies qui ravagent le sud du Chili continuent de faire des ravages, avec un bilan tragique d'au moins 19 vies perdues. Malgré une légère accalmie observée récemment, les flammes demeurent incontrôlables, laissant derrière elles des quartiers dévastés, parsemés de voitures calcinées et de maisons réduites à l'état de cendres.
Alicia Cebrián, la directrice du Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (Senapred), a affirmé depuis Santiago que "les incendies les plus importants ne sont pas maîtrisés". Les feux, qui ont débuté samedi au cœur de l'été austral, sont alimentés par des températures extrêmes et des vents violents, dépassant les 70 km/h, dans les régions de Ñuble et de Biobio, à environ 500 km de la capitale.
Penco et Lirquén, deux communes particulièrement touchées, voient leurs routes saturées par les évacués tentant de regagner leurs foyers. Des militaires sont déployés pour réguler la circulation autour des zones d'alerte, alors que plus de 50.000 personnes ont dû quitter leurs habitations. Selon les derniers rapports, environ 1.500 résidents sont devenus sans-abri, 325 logements ont été détruits et plus de 1.000 autres endommagés.
Les flammes ont englouti plus de 25.000 hectares, et 14 foyers restent actifs, avec plus de 3.500 pompiers mobilisés. Les témoignages de survivants révèlent la détresse vécue. "C'était horrible. J'ai essayé de mouiller ma maison, mais les flammes s'approchaient", a déclaré Yagora Vasquez, habitante de Lirquén. "Nous avons dû fuir à pied pour éviter le feu et les braises tombant du ciel", a-t-elle ajouté.
La tristesse est palpable dans cette région déjà marquée par des catastrophes naturelles, comme le tremblement de terre dévastateur de 2010. Mareli Torres, 53 ans, exprime son chagrin : "Nous avons subi une vague de feu, pas d'eau". Alors que les autorités, dont le président Gabriel Boric, surveillent la situation de près, il reste des inquiétudes quant aux conditions météorologiques qui pourraient raviver les foyers.
Les deux régions touchées ont été déclarées en état de catastrophe, permettant le déploiement des forces armées pour gérer la crise. Un couvre-feu nocturne a également été instauré pour protéger les zones les plus vulnérables. Le président Boric a prévu de rencontrer le président élu José Antonio Kast pour discuter des actions à entreprendre.
Cette crise s'inscrit dans un contexte plus large : les incendies de forêt ont toujours affecté le Chili, facilitant leur propagation par le changement climatique, selon des experts du climat. Le Centre chilien de science du climat et de la résilience souligne que la hausse des températures et la sécheresse persistante depuis plus d'une décennie exacerbent ces catastrophes. En parallèle, la Patagonie argentine a également été frappée par de violents feux de forêt, des milliers d'hectares ayant brûlé la semaine dernière.







