Khamenei : l'inflexible architecte de la République islamique d'Iran

Découvrez le parcours et l'influence d'Ali Khamenei, figure centrale de l'Iran contemporain.
Khamenei : l'inflexible architecte de la République islamique d'Iran
Photo diffusée par le bureau du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant en train de saluer à Téhéran le 1er février 2026 © - / KHAMENEI.IR/AFP

Téhéran (AFP) – Guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei représente depuis plusieurs décennies l'essence même de la République islamique, incarnant une confrontation idéologique contre le "Grand Satan" américain et son ennemi historique, Israël.

Ce dernier a récemment intensifié ses frappes sur le territoire iranien, avec des rapports faisant état d'une tentative d'assassinat à l'encontre du guide suprême, alors que l'Iran ripostait par des tirs de missiles. Ali Khamenei, arborant son turban noir et sa tunique traditionnelle, est devenu, à 86 ans, le doyen des leaders au Moyen-Orient.

En qualité de guide suprême, il possède un pouvoir quasi absolu sur les questions politiques, religieuses et militaires. Les portraits de Khamenei jalonnent les espaces publics, et la question de sa succession demeure un sujet tabou.

Un parcours sans faute

Nommer Khamenei comme guide suprême en juin 1989, à la suite du décès de l'ayatollah Khomeini, a marqué un tournant pour la République islamique. Ses huit années à la présidence, précédées par des années de lutte contre le chah, ont forgé son leadership.

Son image d'homme de terrain, renforcée par ses visites au front durant la guerre avec l'Irak, a permis de construire une image forte dans l'opinion publique. Ces décennies en tant que guide suprême ont été jalonnées par des crises, telles que le Mouvement vert de 2009 ou le mouvement "Femmes, Vie, Liberté" de 2022, survenu après la mort tragique de Mahsa Amini.

Face aux contestations populaires, Khamenei a souvent réagi avec vigueur, qualifiant les manifestations de "séditions" et imputant les troubles à des complots ourdis par des ennemis étrangers, notamment les États-Unis et Israël.

La République islamique a été régulièrement critiquée par des organisations non gouvernementales et par l'ONU pour ses violations des droits humains.

Loin du faste

Né le 19 avril 1939 à Machhad, fils d'un imam d'origine modeste, Khamenei a été éduqué dans les écoles de l'islam chiite, notamment à Najaf et à Qom. Son engagement politique contre le régime du chah a conduit à plusieurs arrestations dans les années 60 et 70.

Khamenei a été élu président en 1981 après avoir survécu à une tentative d'assassinat. Reconnu comme un orateur et un loyaliste à Khomeini, il a dirigé la prière du vendredi à Téhéran, renforçant ainsi sa stature.

Sa vie de simplicité et ses rares voyages en dehors de l'Iran contrastent avec le pouvoir qu'il exerce. La guerre de 2025 contre Israël a considérablement restreint ses apparitions publiques et a imposé une surveillance accrue de sa sécurité.

Une rhétorique martiale

Depuis son accession au pouvoir, Khamenei a consolidé son autorité et a élargi l'influence des Gardiens de la Révolution, se transformant en une institution au sein de l'État. Sa position a guidé l'Iran à travers des relations parfois tendues avec des dirigeants de diverses tendances politiques.

Il a fait de l'Iran une puissance régionale en soutenant des groupes en Irak et en Syrie, malgré une aggravation de la situation sécuritaire à la suite des frappes israéliennes récentes.

Connue pour sa rhétorique martiale, Khamenei a eu des mots particulièrement durs envers les États-Unis et Israël, allant jusqu'à les qualifier de "tumeurs". Ses menaces, y compris celle de détruire un porte-avions américain, montrent la détermination de son régime à défendre ses intérêts contre ce qu'il perçoit comme des attaques.

Le pays souffre pourtant d'une crise économique exacerbée par les sanctions internationales, malgré quelques périodes de relance dans les années 1990 et des accords temporaires sur le nucléaire.

Un homme de lettres

Passionné de littérature, Khamenei admire Victor Hugo et prône des valeurs de compassion et d'amour qu'il voit dans son œuvre. Son amour pour la poésie, transmis par sa mère, l'a amené à traduire des œuvres littéraires et à composer ses propres vers.

Sa vie familiale est discrète ; il a six enfants, dont un seul, Mojtaba, est actif sur la scène publique. Ce dernier est perçu par certains comme un potentiel héritier, bien que Khamenei ait nié toute intention de le désigner comme successeur.

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