Alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient, des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep +) se réunissent pour discuter d'une éventuelle augmentation de la production.
La réunion prévue pour le 1er mars réunira cinq pays de l’Opep (Arabie saoudite, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Algérie) ainsi que trois alliés (Russie, Kazakhstan, Oman). L’Iran n'est pas invité à ces discussions. Les participants envisageront une augmentation de la production alors que le conflit en Iran perturbe les voies d’acheminement du pétrole.
Avant l’escalade des tensions, les analystes anticipaient déjà une hausse des prix, particulièrement après les frappes américaines et israéliennes de samedi. Cette guerre risque d'entraver l'acheminement via le détroit d'Ormuz, où transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, tout en impactant la production de l'Iran.
Stratégie de production en question
En 2025, les pays de l'Opep avaient déjà augmenté leurs quotas de production de près de 2,9 millions de barils par jour, mais avaient récemment pris du recul en raison d'une baisse des prix. Actuellement, le prix du baril de Brent dépasse les 72 dollars, bien au-dessus des 61 dollars d'une année précédente, intégrant une prime de risque géopolitique croissante.
Les freins à l'offre sont multiples : le froid aux États-Unis en janvier, qui a stoppé certaines productions, et les perturbations en Russie dues aux attaques de drones ukrainiens et à une panne au Kazakhstan, souligne Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Vers des prix au-delà de 120 dollars ?
Avant les frappes contre l'Iran, le marché s'attendait à une hausse des quotas de 137 000 barils par jour. Toutefois, en raison du conflit, cette augmentation pourrait avoir un impact limité sur les prix du pétrole. Selon Homayoun Falakshahi de Kpler, les prix pourraient dépasser les 120 dollars si les tensions s'intensifient, en raison des 20 millions de barils de brut qui pourraient être retirés du marché quotidiennement.
Bien qu’il existe peu d’alternatives à l’acheminement par le détroit d'Ormuz, seul l'Arabie saoudite et les Émirats possèdent des oléoducs capables de contourner cette route, limités à une capacité combinée de 2,6 millions de barils par jour selon l'Agence américaine de l'Énergie. Par ailleurs, la continuité des passages par le canal de Suez reste incertaine.
En dépit de la situation, l'Opep + pourrait choisir de ne pas augmenter ses quotas de production au-delà des 137 000 barils prévus, afin de mieux apprécier les impacts réels du conflit sur les flux commerciaux.
Pour le cartel, cette décision pourrait également servir à renforcer sa position face à la concurrence croissante des États-Unis, du Canada, du Brésil ou du Guyana.
Un avenir incertain pour l'offre pétrolière
Les pays de l’Opep + qui ont encore des réserves importantes pour augmenter leur production sont principalement l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avec le Koweït et l'Irak ayant des capacités plus limitées, indique Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. La production russe, quant à elle, connaît une tendance à la baisse depuis novembre, exacerbant les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial. Dans ce contexte, même une hausse modeste de 137 000 barils pourrait finalement se révéler bien inférieure à ce que le marché espère.







