Le vote du Brésil concernant l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur a été accueilli avec frustration à Paris. Ce mercredi, le géant sud-américain a confirmé sa ratification, marquant une étape clé vers l'établissement de l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde. Il reste désormais à obtenir l'approbation du Parlement paraguayen pour finaliser le processus, après que l'Argentine et l'Uruguay aient déjà validé l'accord.
Le traité, signé en janvier dernier à Asuncion après 25 ans de négociations, est anticipé comme un catalyseur pour le secteur agricole brésilien, moteur économique du pays. En effet, l'accord aura une portée colossale, englobant 30 % du PIB mondial et 700 millions de consommateurs entre les 27 États de l’UE et les pays du Mercosur.
Pression sur Ursula von der Leyen
Vendredi dernier, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a indiqué que des dispositions transitoires seraient appliquées pour le traité, suscitant des inquiétudes en France, où ce dernier est perçu comme une menace pour les agriculteurs locaux. Le rapport d'une suspension par un vote du Parlement européen a créé des tensions, ces derniers allant jusqu'à interroger la conformité du traité avec les directives de l'UE.
Lula à l’avant-garde de l’accord
En tant que premier producteur mondial de plusieurs denrées essentielles telles que le café et la viande, le Brésil se positionne comme un fervent supporter de cet accord. Le Sénat a ratifié le traité à l'unanimité, une information confirmée par son président, Davi Alcolumbre, notant que la Chambre des députés avait déjà donné son soutien. Tereza Cristina, sénatrice de droite, a souligné l'importance de cet accord en période de fragmentation mondiale : "Il est plus pertinent que jamais de nous engager avec nos partenaires européens".
Ce traité doit conduire à l'élimination progressive des droits de douane sur plus de 90 % des échanges commerciaux entre les deux bloc, ce qui représente un tournant stratégique pour le Brésil et ses échanges internationaux.







