Les tensions entre la Hongrie et l'Ukraine ont pris une tournure alarmante après l'arrestation de sept Ukrainiens, dont un ancien général des services secrets, pour « blanchiment d'argent ». Cette annonce est intervenue au moment où les relations entre les deux pays, déjà tendues, atteignent un point critique dans le contexte d'un conflit plus large concernant les livraisons de pétrole russe.
Dans un communiqué, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a recommandé à ses ressortissants de s'abstenir de voyager en Hongrie, citant des craintes pour leur sécurité en raison des décisions arbitraires des autorités hongroises. « Nous ne pouvons pas garantir la sécurité de nos citoyens en Hongrie », a souligné le porte-parole du ministère, faisant écho aux préoccupations croissantes parmi les Ukrainiens.
Des accusations lourdes de conséquences
Les autorités fiscales hongroises ont ouvert une enquête dans laquelle il est suggéré que les fonds saisis pourraient provenir d'activités illégales liées à des groupes mafieux ukrainiens. Le ministre des Affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, a déclaré à l'agence MTI que des sommes considérables de liquidités et des lingots d'or avaient été observés transitant par le pays, attisant les spéculations sur la provenance de ces fonds.
Les réactions ne se sont pas fait attendre : l'Ukraine a qualifié ces arrestations de « prise d'otages », et le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a confirmé sa volonté de ne pas laisser transiter des ressources vitales pour l'Ukraine tant que les relations avec Kiev ne s'améliorent pas.
Un contexte électoral tendu
Cette crise survient alors que Viktor Orbán, en campagne pour sa réélection prévue en avril, pourrait capitaliser sur le ressentiment nationaliste envers l'Ukraine en mettant en avant la protection des Hongrois vivant en Ukraine. Cette semaine encore, Orbán a obtenu la libération de soldats ukraino-hongrois de la part de Vladimir Poutine, un geste que Kiev a perçu comme une manipulation cynique.
De son côté, Volodymyr Zelensky a clairement affirmé qu'il n'autorisera pas la reprise des livraisons de pétrole russe vers la Hongrie, et a justifié sa position en soulignant que l'Ukraine ne devrait pas alimenter un régime hostile à sa souveraineté. « Il y a certains principes qui n'ont pas de prix », a-t-il déclaré, ajoutant que la situation actuelle pourrait entraver les aspirations électorales d'Orbán.
En réponse, Budapest agit en bloquant le prêt de l'UE à l'Ukraine de 90 milliards d'euros et s'opposant à de nouvelles sanctions contre la Russie, ce qui pourrait encore aggraver les tensions entre les deux nations. Alors que le monde observe ces développements, il est clair que les relations entre la Hongrie et l'Ukraine sont à un tournant délicat.







