Istanbul (AFP) – Ekrem Imamoglu, maire d'Istanbul, apparaît devant le tribunal après un an de détention. Ce procès, qualifié par ses partisans de manœuvre politique pour entraver ses ambitions présidentielle, se produit à un moment crucial pour la Turquie.
Arrêté le 19 mars 2025, Imamoglu, candidat du CHP (Parti républicain de peuple), sera jugé au tribunal de Silivri à 10H00 (07H00 GMT). Considéré comme un sérieux concurrent au président Recep Tayyip Erdogan pour les élections prévues avant mi-2028, son inculpation repose sur 142 chefs d'accusation, susceptibles d'entraîner une peine de 2.430 ans de prison.
Il se voit reprocher de diriger un réseau criminel, attendu comme une « pieuvre » s'étendant à divers secteurs de la société. Le procès se déroule dans le cadre d'une large répression à l'encontre des membres de l'opposition. Selon Tora Pekin, avocat de l'accusé, l'audience pourrait inclure la lecture de l'acte d'accusation, qui s'étire sur près de 4.000 pages.
La situation a soulevé de vives inquiétudes parmi les défenseurs des droits humains. Les organisations telles qu'Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent ce qu'elles perçoivent comme une instrumentalisation de la justice pour occulter les voix dissidentes. Dinushika Dissanayake d'Amnesty a fait remarquer que ce procès symbolise "l'intimidation des opposants politiques" en Turquie.
Face à cette situation, le CHP compte installer des tentes devant le tribunal en signe de solidarité, bien que les autorités interdisent tout rassemblement à proximité. Seules 25 places réservées aux journalistes, dont cinq aux médias internationaux, sont autorisées, limitant ainsi la couverture de cet événement crucial.
Les perspectives électorales d'Imamoglu restent cependant incertaines. Même en cas d'acquittement des accusations lourdes, il risque une contestation judiciaire sur la validité de son diplôme universitaire, une condition essentielle pour toute candidature présidentielle. Si Imamoglu se voit inéligible, Özgür Özel, actuel leader du CHP, pourrait prendre sa place comme candidat à l’élection.
Des experts analysent cette situation comme une manœuvre du pouvoir en place pour écraser toute forme d'opposition en utilisant les rouages du système judiciaire, une tactique récurrente dans le paysage politique turc.
Le procès d'Ekrem Imamoglu : enjeux politiques en jeu
Un an après son arrestation, le maire d'Istanbul fait face à des accusations de corruption.







