La start-up d'intelligence artificielle Anthropic a déposé une plainte le 9 mars auprès d'un tribunal fédéral en Californie pour contester des sanctions qu'elle considère comme excessives, menaçant ainsi son futur. Inscrite récemment sur la liste des fournisseurs « à risque » par le ministère de la Défense américain, Anthropic dénonce ces mesures comme « arbitraires » et « illégales ».
Le ministère de la Défense a classé Anthropic parmi les entreprises présentant un « risque de sécurité nationale pour les approvisionnements » après que la société a refusé de retirer des restrictions concernant l'utilisation de son IA. Cette décision intervient suite aux directives de Donald Trump, qui a ordonné de « cesser immédiatement toute utilisation de la technologie d'Anthropic ».
Dans la plainte, Anthropic affirme que ces actions « sont sans précédent et illégales », rappelant que la Constitution américaine ne permet pas une telle utilisation du pouvoir gouvernemental pour sanctionner une entreprise ayant exercé sa liberté d'expression. L'entreprise précise que ces décisions relèvent d'un « caprice » et d'un abus de pouvoir du gouvernement, cherchant selon elle à nuire à ses activités.
La classification « à risque »
Suite aux déclarations de l'administration Trump, Anthropic a reçu des interrogations de la part de nombreux clients et partenaires, soucieux de l'impact de ces sanctions sur leurs relations. Certains clients ont même demandé des éclaircissements sur les modalités de rupture de leurs contrats.
Cette situation ne concerne pas uniquement l'inscription sur la liste des fournisseurs « à risque », mais également les conditions contractuelles établies avec le gouvernement, jugées abusives par la société.
Il est important de noter que cette liste n'incluait auparavant que des entreprises étrangères, telles que Huawei et Kaspersky, généralement vues comme menaçantes pour la sécurité nationale des États-Unis. La classification « à risque » a pour effet d'empêcher d'autres fournisseurs fédéraux de contracter avec Anthropic.
Cependant, Dario Amodei, le CEO d'Anthropic, a indiqué que la portée des sanctions énoncées par le gouvernement était limitée et ne visait que l'utilisation de leurs produits dans le cadre des contrats avec le ministère de la Défense. D'autres géants technologiques comme Google, Microsoft et Amazon ont confirmé que les solutions d'Anthropic restent disponibles pour des usages autres que ceux liés à la Défense.







