La résilience inattendue de l'Iran : insights de Dominique Moïsi sur la guerre au Moyen-Orient

Dominique Moïsi dévoile les vérités cachées de la guerre en Iran.
La résilience inattendue de l'Iran : insights de Dominique Moïsi sur la guerre au Moyen-Orient

Lors d'une interview sur « Tout est politique » sur Franceinfo, Dominique Moïsi, un expert de la géopolitique, a partagé ses réflexions sur le conflit au Moyen-Orient qui dure depuis plusieurs jours. Interrogé par les journalistes Sonia Chironi et Nathalie Saint-Cricq, il a souligné la nécessité de ne pas sous-estimer la détermination du régime iranien à rester au pouvoir.

Sonia Chironi : Faut-il s'attendre à une prolongation du conflit ? Emmanuel Macron a évoqué une possible durée de plusieurs semaines. Pensez-vous que ce scénario soit réaliste ?

Dominique Moïsi : C'est difficile à prédire. Bien que certains aient espéré un effondrement rapide du régime après la décapitation de ses élites, celui-ci a montré une résilience surprenante. La stratégie des Iraniens semble claire : malgré une infériorité militaire, leur plan consiste à élargir le conflit et à utiliser des leviers économiques. Il est possible que des divergences apparaissent entre les États-Unis et Israël. Tandis qu'Israël peut se permettre d'attendre, ce n'est peut-être pas le cas des Américains.

Sonia Chironi : Votre étonnement face à la résilience iranienne est palpable.

Dominique Moïsi : En effet, je pensais que le choc initial aurait des répercussions plus importantes. Nous avons sous-estimé la capacité de résistance du régime iranien tout en surestimant celle de l'opposition, qui n'a pas les armes nécessaires pour se soulever efficacement.

Deux leçons majeures émergent de cette situation. Premièrement, la supériorité militaire ne garantit pas la victoire, un enseignement issu de la guerre du Vietnam. Ensuite, l’historique des interventions américaines au Moyen-Orient n’est pas rassurant. L'Iran, avec sa structure complexe, ne peut être comparé à l'Irak, l'Afghanistan ou la Libye.

Nathalie Saint-Cricq : Plusieurs experts affirment que ces modèles d'intervention ont échoué et que l'Iran, avec sa riche histoire culturelle, devrait posséder une alternative viable à son régime actuel. Pensez-vous que cette perception ait été erronée ?

Dominique Moïsi : Absolument. Une dictature religieuse fonctionne différemment d'une dictature laïque. L'Irak et la Libye ne présentent pas les mêmes dynamiques que l'Iran. Ce pays repose sur une idéologie forte prêtant à l'idée de martyr et il ne faut pas oublier la volonté des ayatollahs de maintenir leur pouvoir.

Sonia Chironi : La nomination récente du fils de l’Ayatollah Khamenei semble renforcer cette idée de résilience et de rigidité ?

Dominique Moïsi : Tout à fait. Cela montre une volonté de défi et un rejet des États-Unis. Trump, par le passé, avait demandé une reddition inconditionnelle ; la résistance iranienne s'inscrit à l'opposé.

Sonia Chironi : Les dissensions au sein du régime sont-elles documentées ?

Dominique Moïsi : Bien qu'il y ait des tensions internes, les factions les plus radicales dominent. C’est une leçon tirée du récent choix de leadership, où des figures modérées comme Rohani ont été écartées.

Sonia Chironi : Ainsi, les éléments les plus radicaux contrôlent le pays ?

Dominique Moïsi : Pour l’instant, oui. Les visions stratégiques de chaque partie divergent : les États-Unis croient à un déclin par la force, tandis que l'Iran mise sur un compromis conditionné par une pression économique. Chacun semble avoir un calendrier distinct pour cette crise délicate.

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