Trois ans après les manifestations historiques de juillet 2021 à Cuba, plusieurs organisations ont révélé, lors d'une audience devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qu'au moins 46 manifestants emprisonnés ont perdu la vie en raison de soins médicaux insuffisants.
Le 11 juillet 2021, des milliers de Cubains ont exprimé leur mécontentement dans les rues, scandant des slogans tels que « nous avons faim » et « à bas la dictature ». Ce mouvement populaire, sans précédent depuis la révolution de 1959, a conduit à un mort, de nombreux blessés, et des centaines d'arrestations.
Un rapport mené entre janvier 2025 et mars 2026 indique que 46 prisonniers ayant participé aux manifestations sont décédés à cause d'un « refus ou retard délibéré de soins » médicaux, comme l'a expliqué Camila Rodríguez, directrice de l'association de défense des droits humains Justicia 11J. Cette information, soutenue par plusieurs groupes de la société civile, met en lumière l'absence de responsabilité des autorités.
Les résultats ont été soumis à la Commission interaméricaine des droits de l'homme. Rodríguez a précisé que 294 détenus au total ont été privés de soins en prison durant cette période. « À ce jour, aucune enquête indépendante n'a été ouverte et aucun agent pénitentiaire n'a été tenu responsable de ces décès », a-t-elle dénoncé.
De son côté, Cristhian Jiménez, représentant d'Amnesty International, a ajouté que l'emprisonnement à Cuba est utilisé comme « un outil systématique de répression contre ceux qui revendiquent leurs droits humains, comme la liberté d'expression, de réunion pacifique, d'association et de manifestation ».







