Les contradictions de Washington sur la guerre en Iran : durée et objectifs flous

Les déclarations de Trump sur la guerre en Iran révèlent des incohérences troublantes.
Les contradictions de Washington sur la guerre en Iran : durée et objectifs flous
Le président américain Donald Trump lors d'une conférence de presse le 9 mars 2026. REUTERS/Kevin Lamarque

Au cours des premières heures des frappes américano-israéliennes débutées le 28 février, Donald Trump avait évoqué une guerre d'une durée de quatre à cinq semaines. Cependant, il a rapidement affi rmé qu'elle était « quasiment » terminée.

Entre prévisions optimistes et réalités troublantes, Trump et son administration s'accumulent en déclarations contradictoires concernant la durée de l' intervention américaine en Iran et ses objectifs, variant du changement de régime à la sécurisation des ressources pétrolières.

24 février

Dans une allocution, Trump a déclaré privilégier une résolution diplomatique pour le dossier iranien.

28 février

À 2h30 du matin, il annonce le début de « grandes opérations de combat » contre l'Iran. Dans un message diffusé sur sa plateforme Truth Social, il promet de « détruire » les capacités iranniennes et appelle à un soulèvement au sein du pays.

Plus tard dans la journée, il ajoute que les frappes dureront « sans interruption » pour établir « la paix à travers le Moyen-Orient et au niveau mondial ».

1er mars

« Cela avance vite. Personne n'arrive à croire notre succès, 48 dirigeants ont été éliminés d'un coup », déclare Trump.

Il évoque ensuite un timing de quatre semaines pour l'opération : « Ça a toujours été un processus de quatre semaines. »

2 mars

Trump ne dément pas la possibilité d'envoyer des troupes au sol en Iran « si nécessaire ». Il note que les opérations militaires sont « largement en avance » sur le calendrier initial, tout en garantissant que les États-Unis pourraient mener des opérations prolongées.

Il énonce quatre objectifs précis : destruction des capacités de missiles, annihilation de la marine, prévention de l'accès à des armes nucléaires pour les terroristes, et limitation du soutien du régime iranien aux groupes armés.

En parallèle, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, refuse de se prononcer sur la durée, déclarant que « cela pourrait s'étendre ou se réduire ». Le secrétaire d'État, Marco Rubio, indique quant à lui que les frappes étaient préventives suite à une alerte concernant une attaque israélienne imminente.

3 mars

Trump contredit Rubio, affirmant que sa décision découlait uniquement des actions iraniennes. « À cause de l'évolution des négociations, ils allaient attaquer en premier », explique-t-il, se félicitant d'avoir « presque tout détruit » en Iran.

5 mars

Trois jours plus tard, Trump considère un débarquement terrestre comme une « perte de temps ».

6 mars

Il exige via Truth Social une « capitulation sans condition » de la part de l'Iran, indiquant vouloir influencer le choix des futurs dirigeants du pays.

7 mars

Trump évoque encore l'envoi potentiel de troupes au sol pour contrôler les stocks d'uranium enrichi, affirmant que l'Iran était très proche de pouvoir fabriquer une arme nucléaire.

9 mars

Dans une série de déclarations contradictoires, Trump déclare tour à tour que la guerre est « quasiment » finie, tout en insistant sur le fait que les États-Unis ne s'arrêteraient pas tant que l'ennemi ne serait pas totalement vaincu.

10 mars

Lors d'une conférence de presse, Hegseth réaffirme que les États-Unis intensifient leurs opérations, sans préciser la durée. Il déclare : « Il est impossible de prévoir si nous sommes au début, au milieu ou à la fin » de cette guerre.

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