Londres (AFP) – Le gouvernement britannique s'apprête à publier ce mercredi la première série de documents liés à la nomination controversée de Peter Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, une position qu'il doit occuper fin 2024. L'ancien ministre travailliste a longtemps été associé à Jeffrey Epstein, le financier américain tristement célèbre pour ses crimes sexuels.
Le Premier ministre Keir Starmer a rappelé Mandelson des États-Unis en septembre 2025 à la suite de nouveaux éléments préoccupants devant le lier à Epstein. Cette situation a fragilisé la position de Starmer, qui est critiqué pour avoir fait appel à Mandelson malgré sa proximité continue avec Epstein, même après la condamnation de ce dernier.
Starmer a accusé Mandelson d'avoir « menti à plusieurs reprises » à son administration quant à la portée de ses relations avec Epstein, décédé en prison en 2019. En réponse à la pression croissante, le gouvernement a promis en février de publier les documents concernant la nomination et la révocation de Mandelson.
Le ministre Darren Jones a précisé que plusieurs documents seraient publiés, malgré le besoin de filtrage de certains d'entre eux, qui pourraient compromettre la sécurité nationale. Ce filtre est appliqué par une commission parlementaire avant la divulgation.
La situation s'est intensifiée en janvier, lorsque le ministère américain de la Justice a dévoilé de nouveaux documents provenant des archives d'Epstein, suggérant que Peter Mandelson aurait potentiellement transmis des informations sensibles à Epstein. Ces informations concernent notamment les marchés financiers, période à laquelle Mandelson était ministre durant le gouvernement de Gordon Brown, entre 2008 et 2010.
Début février, Starmer a présenté des excuses aux victimes d'Epstein et a exprimé des regrets pour avoir nommé Mandelson. Confronté à cette crise, son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné.
Dans la foulée, une enquête a été ouverte contre Mandelson, qui a vu deux de ses résidences fouillées par la police, dont l'une près de Regent's Park à Londres et l'autre dans le Wiltshire. Il a été arrêté et interrogé à propos des allégations de partage d'informations sensibles avec Epstein, mais a été relâché sous caution.
Mandelson n'a pas fait de déclaration publique depuis le début de cette enquête troublante.
Cette affaire soulève des questions sur transparence et sur l'intégrité au sein du gouvernement britannique. Des voix, comme celle de l'expert en politique internationale Jean-Pierre Lemaire, soulignent que ces révélations pourraient avoir des implications profondes sur la confiance du public envers les autorités. « C'est un test crucial pour la légitimité de cette administration », a-t-il déclaré.







