Les États membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont pris la décision, le mercredi 11 mars, de libérer une quantité substantielle de leurs réserves stratégiques de pétrole pour contrer la hausse galopante des prix, en amont d'une réunion des dirigeants du G7.
Emmanuel Macron a précisé que cette libération concerne 400 millions de barils, équivalant à « environ vingt jours de volumes exportés via le détroit d'Ormuz ».
Fatih Birol, le directeur exécutif de l'AIE, a déclaré que cette démarche, prise « à l'unanimité », constitue le plus grand déblocage de réserves de l'histoire de l'agence. Des pays comme le Japon et l'Allemagne avaient déjà anticipé cette décision en annonçant leur intention de puiser dans leurs réserves stratégiques.
Emmanuel Macron a évoqué l'importance d'appeler d'autres nations à s'abstenir d'éventuelles restrictions sur les exportations de pétrole et de gaz, pour éviter un dérèglement supplémentaire des marchés. Il a également souligné la nécessité de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, essentiel pour le transport des hydrocarbures, rendu impraticable par le contexte actuel de crise.
Cette réunion des chefs d'État du G7 marque une première étape dans la gestion des conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, qui a commencé par des frappes israélo-américaines en Iran, entraînant une escalade des tensions et une fermeture effective du détroit d'Ormuz.
Un recours « sans précédent » aux réserves stratégiques
Sanae Takaichi, la Première ministre japonaise, a été parmi les premières à tirer la sonnette d'alarme, annonçant la libération des réserves stratégiques japonaises sans attendre de décision formelle de l'AIE. Presque simultanément, la ministre de l'Économie allemande, Katherina Reiche, a indiqué que Berlin prenait également des mesures similaires.
Les ministres de l'énergie des pays du G7 ont reconnu, dans un communiqué, leur volonté de collaborer avec l'AIE pour atténuer la crise en adoptant des réponses proactives face à la flambée des prix, qui menace la stabilité économique mondiale.
Des informations diffusées par le Wall Street Journal font état d'un déblocage sans précédent, évoquant un volume qui dépasserait les 182 millions de barils libérés en 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Selon Roland Lescure, ministre de l'Économie français, l'objectif est clair : fournir d'autres sources d'approvisionnement mondial si le détroit d'Ormuz reste fermé.
Alors que les cours du brut ont atteint près de 120 dollars le baril en début de semaine, des propos optimistes de Donald Trump sur la situation en Iran ont temporairement fait redescendre les prix, lesquels ont de nouveau tendance à augmenter.







