La situation demeure préoccupante au Moyen-Orient. L'Iran, face à un conflit qui s'intensifie, envisage une guerre de longue haleine, notamment en restreignant le passage dans le détroit d'Ormuz, via lequel transite environ 20 % des flux pétroliers mondiaux. De son côté, le président américain, Donald Trump, s'est montré assuré que Téhéran serait bientôt en difficulté.
Douze jours après le début des hostilités entre les forces américaines et israéliennes, la situation est de plus en plus difficile à cerner. L'Iran a déclaré mercredi qu'il était prêt à mener une guerre de longue durée, tandis que Trump affirmait que l'Iran était "proche de la défaite". Ce conflit menacent l’approvisionnement pétrolier mondial, étant donné que le trafic dans le détroit d’Ormuz est actuellement paralysé.
Face à l'envolée des prix du baril, Trump a annoncé que Washington utiliserait ses réserves stratégiques afin de faire redescendre les prix. Chris Wright, ministre de l'Énergie, a précisé que 172 millions de barils seraient libérés "à partir de la semaine prochaine". Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), incluant les États-Unis, avaient auparavant convenu de déverrouiller un record de 400 millions de barils pour atténuer les effets de la guerre, comme rapporté par Le Monde.
Les messages contradictoires de Trump
En dépit de ces déclarations, Trump a émis des signaux discordants en déclarant que la guerre se terminerait "bientôt" et qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran. Cependant, lors d'une réunion dans le Kentucky, il a ajouté : "Nous ne voulons pas partir avant l’heure, n’est-ce pas ? Nous devons finir le boulot, non ?" sans toutefois définir les objectifs précis à atteindre.
La première semaine de conflit a coûté aux États-Unis plus de 11 milliards de dollars, selon une enquête du New York Times. Parallèlement, l’alliance israélienne, qui n'a pas établi de limite temporelle concernant le conflit, prétend disposer d'un "vaste réservoir de cibles" à frapper.
Les Gardiens de la Révolution iraniens, quant à eux, se révèlent déterminés à engager une offensive prolongée pour contraindre les États-Unis à reculer, menaçant de mener une "guerre d'usure" capable de "ruiner l'économie américaine entière" ainsi que celle de la planète, a déclaré Ali Fadavi, un de leurs porte-parole.
Lutte entre États-Unis et Iran pour le détroit d’Ormuz
Téhéran a récemment revendiqué avoir ciblé deux navires dans le détroit d’Ormuz. En dépit de cela, Trump a réitéré sa promesse d'instaurer une "grande sécurité" dans cette zone vitale, précisant que "28 navires poseurs de mines" avaient été neutralisés, une menace qui inquiète la communauté internationale.
Outre ces tensions, des frappes de représailles irakiennes sont désormais monnaie courante. Des entités comme le géant bancaire Citi et les consultants Deloitte et PwC ont même évacué leurs bureaux à Dubaï suite à des menaces. Un fait notable fut le crash de deux drones à proximité de l’aéroport, blessant plusieurs personnes, selon des témoins.
Oman et Arabie Saoudite touchés
Des installations de carburant à Oman et un champ pétrolier en Arabie Saoudite ont également été touchés. Les Nations Unies ont exigé l'arrêt immédiat des attaques iraniennes dans cette conjoncture explosive.
Israéliens et Américains ont attaqué à 13 reprises des installations énergétiques en Iran, tandis qu’un minimum de 25 attaques iraniennes ont visé des positions américaines dans la région, comme rapporté par l'AFP.
Les ports, en tant que points stratégiques dans le conflit, sont également devenus une cible potentielle. Ainsi, l’armée américaine a recommandé aux civils iraniens de s’éloigner des ports en raison de leur possible utilisation militaire. En réponse, l’armée iranienne a prévenu que dans l'éventualité d'une attaque, "tous les ports et quais de la région deviendraient des cibles légitimes".
Dans ce contexte tendu, une attaque récente contre deux pétroliers dans le Golfe, dont l'origine est pour l'instant indéterminée, a fait un mort et plusieurs absents, d’après l'autorité portuaire. Des images diffusées par la télévision montrent un navire en feu, générant d’énormes colonnes de fumée.
Malgré le déblocage massif de barils annoncé par Washington, la réaction des marchés pétroliers a été immédiate. Dans la soirée, le baril de WTI, référence américaine, a connu une hausse de 7,70 % pour atteindre 93,87 dollars, entraînant des réactions ailleurs, comme en Grèce, où le gouvernement a plafonné les marges sur le carburant.







