Douze jours après le début des frappes américano-israéliennes sur son sol, l'Iran a fait savoir qu'il était déterminé à engager une guerre prolongée. Alors que Donald Trump voit Téhéran comme "proche de la défaite", la situation s'aggrave dans la région, menaçant l'équilibre du marché mondial du pétrole.
Lors d'une déclaration faite le 11 mars, les autorités iraniennes ont souligné leur préparation à un conflit de longue durée. Donald Trump, de son côté, a affirmé qu'il ne restait "pratiquement rien à frapper" en Iran et que l'offensive militaire avançait rapidement. Cependant, lors d'un meeting dans le Kentucky, il a modéré son discours, insistant sur la nécessité de "terminer le travail" sans fournir de précisions sur les objectifs restants à atteindre.
Selon le New York Times, la première semaine des hostilités aurait coûté plus de 11 milliards de dollars aux États-Unis. Israël a quant à lui affirmé qu'il n'impose aucune limite temporelle à son opération militaire et qu'il dispose d'un "vaste éventail de cibles" selon des sources médiatiques locales.
Les Gardiens de la Révolution, la force d'élite iranienne, se déclarent également prêts à une "guerre d'usure". Un de leurs porte-parole, Ali Fadavi, a averti que leur but serait de contraindre Washington à se retirer, menaçant même de paralyser l'économie américaine.
Inquiétudes autour du détroit d'Ormuz
Les craintes d'une interruption significative des approvisionnements énergétiques mondiaux croissent, surtout avec les récents incidents dans le détroit d'Ormuz, passage essentiel pour environ un cinquième de la production mondiale de pétrole. Téhéran a prétendu avoir attaqué deux navires dans cette zone stratégique. Trump a cependant déclaré que la sécurité serait bientôt rétablie.
Par ailleurs, les opérations de représailles iraniennes s'intensifient dans les Émirats, obligeant des entreprises comme Citi, Deloitte et PwC à fermer ou évacuer leurs bureaux à Dubaï. Quatre personnes ont été blessées lors de la chute de deux drones près de l'aéroport.
Pressions sur les marchés du pétrole
Les répercussions du conflit sur les marchés énergétiques sont déjà palpables. Les États-Unis ont commencé à puiser dans leurs réserves stratégiques pour tenter de stabiliser les prix de l'énergie. Le ministre de l'Énergie, Chris Wright, a annoncé que 172 millions de barils seraient mis à disposition la semaine prochaine, tandis que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a décidé de libérer 400 millions de barils de ses réserves.
Malgré ces mesures, le baril de WTI a flambé de 7,70 % pour atteindre 93,87 dollars, exacerbant la situation au niveau mondial. En Grèce, le gouvernement a imposé un plafond sur les prix des carburants, une mesure symptomatique des inquiétudes internationales.
Des attaques ciblées sur les infrastructures énergétiques
Les hostilités ont également des conséquences directes sur les infrastructures maritimes et énergétiques. D'après l'AFP, tandis que les États-Unis et Israël ont mené treize frappes sur des sites iraniens, l'Iran a riposté par au moins 25 attaques sur des installations américaines dans la région. Les ports sont devenus des cibles potentielles, avec un avertissement de l'armée américaine plaidant pour que les civils s’éloignent des installations portuaires.
Dans ce climat de tension, deux pétroliers ont été attaqués dans le Golfe, entraînant un mort et plusieurs disparitions à bord. Des images diffusées par la télévision iranienne montrent un navire ravagé par les flammes.
Israël, pour sa part, a intensifié ses frappes contre le Hezbollah au Liban, causant des déplacements massifs et un bilan humain tragique de plusieurs centaines de milliers de personnes affectées dans le pays.







