Le premier déplacement à l'étranger de la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a été annulé jeudi, peu avant son arrivée prévue à Cucuta, en Colombie. Cette annulation intervient dans un contexte de tensions croissantes à la frontière entre les deux pays, où la sécurité devient de plus en plus précaire.
Le président colombien, Gustavo Petro, et son homologue vénézuélien auraient dû discuter de sujets cruciaux tels que la lutte contre le trafic de drogue et l'importation de gaz vénézuélien. Cependant, malgré les attentes, un responsable du ministère colombien des Affaires étrangères a confirmé l'annulation sans fournir de détails explicites, alors que des installations dédiées à cet événement étaient déjà en cours de démontage à Cucuta.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères vénézuélien a souligné qu’à cause de « raisons de force majeure », les gouvernements ont convenu de reporter cette rencontre tout en maintenant l'invitation de Gustavo Petro à Delcy Rodriguez.
Un contexte de narcotrafic inquiétant
Les deux gouvernements ont réaffirmé leur volonté d'améliorer les relations bilatérales. Toutefois, une source au sein de la présidence colombienne a évoqué des menaces sécuritaires non spécifiées, soulignant que des groupes armés liés au narcotrafic opèrent à cette frontière, notamment l’Armée de libération nationale (ELN), la plus ancienne guérilla encore active en Amérique latine.
Il est intéressant de noter que malgré leurs différences d'approche vis-à-vis des États-Unis, tant Gustavo Petro que Delcy Rodriguez subissent des pressions de l'administration américaine, notamment concernant l'industrie pétrolière et la lutte contre le trafic de cocaïne. Le Venezuela, avec ses précieuses réserves de pétrole, vient de reprendre un dialogue diplomatique avec Washington, après une pause qui durait depuis 2019.
L'impact de l'administration Trump
L'influence des États-Unis en Colombie continue d'être forte, alors que Washington demande au président Petro une approche plus ferme concernant le trafic de cocaïne, la Colombie étant le principal producteur mondial et les États-Unis le premier consommateur. Selon Vicente Torrijos, analyste politique, la volonté de Trump de transformer des adversaires en alliés constitue un enjeu significatif.
Petro, malgré son passé critique envers Trump, s’efforce maintenant de renforcer les liens avec le Venezuela. Récemment, après un appel téléphonique entre les deux dirigeants, il a été rapporté que des sujets tels que la sécurité, la coopération contre le narcotrafic et les questions énergétiques ont été discutés. Cette évolution des relations pourrait offrir des perspectives nouvelles pour la coopération régionale.







