La crise des engrais : quand la guerre au Moyen-Orient pèse sur l'agriculture française

Les agriculteurs français font face à une flambée des prix des engrais à cause du conflit au Moyen-Orient.
La crise des engrais : quand la guerre au Moyen-Orient pèse sur l'agriculture française

La montée des prix des engrais, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, suscite une grande inquiétude parmi les agriculteurs. Près d'un tiers des engrais mondiaux transite par le détroit d'Ormuz, actuellement en crise, augmentant les risques de pénuries.

Ce texte reprend des éléments du reportage. Regardez la vidéo pour une analyse approfondie.


Fabrice Berge, agriculteur céréalier à EARL, cultive blé et tournesol sur 20 hectares depuis près de deux décennies. Avant le déclenchement du conflit, il avait déjà du mal à gérer les coûts des engrais. "J'en ai pour 2 300 euros sur toute ma parcelle. C'est devenu difficile à supporter", déclare-t-il, notant une hausse significative des tarifs des additifs ces derniers jours. Il n'a pas pu acheter d'engrais pour ses tournesols, ce qui l'inquiète. "C'est un gouffre. On est des vaches à lait qui payent pour tout, les coûts augmentent partout", ajoute-t-il.

La situation est devenue imprévisible ; son collègue Christophe Charlet, directeur d'une coopérative agricole, observe la flambée des prix depuis son bureau. "Actuellement, le prix de l'urée est passé de 150 à presque 200 euros la tonne en dix jours", souligne-t-il, révélant que les tarifs pourraient atteindre plus de 600 euros la tonne.

Une hausse en lien direct avec la guerre au Moyen-Orient

Ce phénomène est étroitement lié au conflit en cours. "L'Iran produit 20 à 30 % des engrais nécessaires au monde, et la majorité doit passer par le détroit d'Ormuz, qui est maintenant bloqué", explique Charlet.

Cependant, les agriculteurs se heurtent à un autre défi : le cours des céréales ne suit pas la montée des prix des engrais. Pour contrer ce dilemme, Olivier Touzalin, céréalier à EARL de la Rivière, utilise une machine permettant d'optimiser l'utilisation d'herbicides. "C'est une herse étrille qui aide à réduire les quantités d'herbicides nécessaires sur nos champs", souligne-t-il. Mais avec la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, le risque de pénurie d'engrais reste une menace constante pour l'agriculture française.

Lire aussi

RDC : l'assaut meurtrier des ADF sur des sites miniers soulève l'alarme
Une attaque des rebelles ADF liée à l'État islamique à Ituri, en RDC, fait plusieurs victimes et alerte sur l'intensification des violences.
02h57
Grenoble se prépare à un duel serré entre Laurence Ruffin et Alain Carignon
Découvrez les résultats du premier tour des élections municipales à Grenoble. Laurence Ruffin et Alain Carignon se disputent la mairie dans un contexte de tensions politiques.
01h04
Léon XIV retrouve le palais pontifical, un symbole de renouveau
Le pape Léon XIV emménage au palais pontifical, laissé vacant depuis 2025. Retour à la tradition pour le Vatican.
15 mars
Léon XIV fait son grand retour au palais pontifical
Découvrez le nouveau chapitre du Vatican avec le retour de Léon XIV au palais pontifical. Son emménagement signe un retour aux traditions après le pontificat de François.
15 mars
Kazakhstan : un référendum pour un changement politique audacieux
Le Kazakhstan organise un référendum constitutionnel visant à moderniser son système politique, mais les réformes soulèvent des critiques. Analyse des enjeux et des réactions.
15 mars
La Corée du Nord teste un lance-roquettes à 600 mm : un exercice à fort impact
La Corée du Nord a effectué un essai de lance-roquettes multiples de 600 mm. Découvrez les implications de cet acte militaire et les réactions de la communauté internationale.
15 mars