Le climat de tensions au Moyen-Orient a redonné vie aux préoccupations en matière de sécurité dans de nombreux pays, y compris la France. Patrice Roussel, directeur de France Bunker, observe une hausse significative de l’intérêt pour les abris souterrains depuis le début de la guerre en Iran.
Depuis le déclenchement du conflit, le 28 février dernier, les demandes d’abris antiaériens ont augmenté. Aux États-Unis, la société Atlas Survival Shelters reçoit des demandes en provenance de quatre coins du monde. Ron Hubbard, son dirigeant, a déclaré à l’AFP : « Nous avons enregistré une demande sans précédent, surtout dans les pays du Golfe où l’inquiétude grandit. »
Mais la fascination pour ces refuges ne se limite pas aux célébrités comme Kim Kardashian ou le célèbre Youtubeur MrBeast. En France, le marché des abris connaît également un essor fulgurant. Selon Patrice Roussel, « en une seule journée, nous avons reçu l’équivalent de deux mois et demi de demandes de devis ».
Cependant, les abris ne sont pas encore aussi répandus qu’en Suisse ou en Israël, où ces installations sont bien plus courantes.
Les prix des abris : une variété d'options pour les clients
Quel est le coût nécessaire pour construire un bunker en France ? Les prix varient considérablement en fonction du type d’abri choisi. Patrice, ancien constructeur de piscines reconverti, explique que « construire un bunker, c’est comme ériger une piscine, mais à une profondeur plus conséquente. »
Il y a généralement deux types de clients : ceux qui recherchent un refuge pour un temps limité et ceux qui souhaitent un espace autonome pour des durées prolongées.
Pour un abri enterré de 10 à 12 m², équipé des installations essentielles, le prix commence aux alentours de 60 000 euros. Ce type d’abri permet à une famille de survivre deux à trois semaines, à condition qu'il soit préparé correctement. Cependant, les coûts peuvent grimper si les conditions géologiques du terrain sont complexes.
Des abris de luxe pour une autonomie prolongée
Pour les projets plus ambitieux, incluant des structures en béton armé monobloc, le tarif peut atteindre 200 000 euros. Ces installations ne sont pas de simples refuges, mais deviennent de véritables espaces de vie souterrains.
Ces constructions peuvent comprendre des systèmes d'autonomie vitaux, tels que la filtration d’air, des générateurs électriques, ainsi que des solutions de stockage et de traitement des eaux usées, permettant à une famille de vivre plusieurs années dans ces conditions.
Le temps de réalisation pour une simple construction est d’environ un mois, incluant deux semaines de travaux. Le béton, selon Roussel, est privilégié pour sa durabilité par rapport à l'acier.
Par ailleurs, il souligne que la profondeur d'un abri offre une protection accrue. « Dix centimètres de terre équivalent presque à cinquante centimètres de béton », assure-t-il.
Actuellement, la majorité de sa clientèle est constituée de particuliers, surtout ceux vivant près des centrales nucléaires, qui suscitent des craintes en cas de conflit. « Les risques d’être une cible potentielle existent, même sans guerre totale », conclut-il.







