Avec les tensions croissantes autour du détroit d'Ormuz, une des voies maritimes les plus cruciales au monde, la question de la sécurité des pétroliers devient primordiale. Cette zone maritime de 39 km de large est presque devenue impraticable à cause des menaces qui pèsent sur les navires, poussant Donald Trump à appeler à une protection internationale.
« Si aucune réponse n'est apportée à cette demande, cela pourrait avoir de graves répercussions pour l'avenir de l'OTAN », a averti Trump. Selon lui, une coalition incluant la France, le Japon et d'autres nations pourrait être la clé pour rétablir la libre circulation maritime, étant donné que 20 % du pétrole mondial transite par cette région.
Difficultés opérationnelles
Toutefois, pour l’instant, aucune nation n’a manifesté son intention de soutenir les États-Unis dans cette opération. Stéphane Audrand, consultant en risques internationaux, déclare : « Trump semble sous pression, pensant qu'il suffit de déployer des escortes pour protéger les navires. Cependant, il faut aussi sécuriser une route maritime de 2 000 km, et cela dépasse largement le détroit lui-même. »
La complexité de la situation réside dans la multitude de menaces que représentent les forces iraniennes. « Ces dernières se composent d'une variété de petits bateaux et de systèmes d'armement variés, allant des drones sous-marins aux missiles antinavires », explique Audrand.
Les forces occidentales, qui sont capables de gérer des escortes maritimes en haute mer, ne sont pas adaptées pour répondre à ce type de menace spécifique. Un plan B, impliquant éventuellement des frappes aériennes pour neutraliser les installations militaires iraniennes, pourrait être envisagé, mais cela resterait complexe, car les Iraniens ont stratégiquement dispersé leurs moyens pour éviter d'être pris pour cibles.
Une situation délicate
Audrand met également en garde contre les risques de voir plusieurs pétroliers subir des attaques. « Il est souvent facile de demander à protéger chaque pétrolier, mais cela pourrait se retourner contre nous. Personne ne souhaite réellement voir un pétrolier couler, surtout dans cette région où l’eau est essentielle pour la désalinisation. »
Les Européens, bien qu’inquiets, n’ont pas encore proposé de plan concret, même si la France a exprimé l'intention de mener une mission défensive pour sécuriser le détroit. Les discussions au sein de l'UE sur la mission Aspides, actuellement déployée en mer Rouge, pourraient être la première étape vers une intervention organisée.
Une résolution diplomatique possible ?
Il est plausible que certains pays, comme la France ou l'Italie, aient déjà commencé à discuter avec l'Iran sur la question de la sécurité maritime. Audrand souligne que l'Iran, dépendant également de ses propres exportations de pétrole, pourrait être motivé à éviter une escalade qui causerait des dégâts dans la région. Après tout, des ports comme l'île de Kharg sont vitaux pour leur économie.
En conclusion, alors que les tensions s'intensifient, il devient crucial pour les nations concernées de penser à des solutions qui intègrent à la fois des mesures sécuritaires et des approches diplomatiques. Le globes maritime est désormais imprévisible, et la résolution exige une préparation minutieuse et réfléchie.







