L'Organisation maritime internationale (OMI), bras armé de l'ONU pour la sécurité en mer, a lancé un appel urgent jeudi en faveur de l'établissement d'un corridor maritime sécurisé, destiné à faciliter l'évacuation des navires immobilisés dans le Golfe. Cette demande fait suite à la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran, une décision qui soulève de vives inquiétudes au sein de la communauté maritime internationale.
Dans sa déclaration, l'OMI a insisté sur la nécessité d'un cadre temporaire et opérationnel pour permettre aux marins et aux navires de quitter la zone en toute sécurité. Actuellement, près de 20 000 marins et 3 200 bateaux attendent de pouvoir poursuivre leur route, ce qui représente une préoccupation majeure étant donné que ce détroit est essentiel pour le transport d'hydrocarbures, représentant environ un cinquième de la production mondiale.
Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a souligné l'importance opérationnelle de cette décision lors d'une réunion de crise à Londres, déclarant : "Il est crucial de rappeler les risques auxquels sont confrontés les marins innocents et l'impératif de garantir la liberté de navigation. Cela touche à la sécurité alimentaire et énergétique mondiale." Cette réunion, initiée par les Émirats Arabes Unis, cherchait à trouver des solutions pour améliorer la sécurité maritime autour du détroit.
Bien que la résolution adoptée par consensus ne soit pas contraignante, elle pourrait influencer les futures discussions sur la navigation. L'Iran a récemment restreint l'accès à cette voie navigable stratégique en réponse aux frappes américaines et israéliennes qui ont ravivé les tensions entre Téhéran et l'Occident.
La montée des prix des hydrocarbures sur le marché mondial est une conséquence directe des perturbations dans cette région, causant des répercussions économiques significatives. Téhéran, en verrouillant le détroit, espère peser sur les négociations avec Washington tout en profitant de la situation pour autoriser le passage de navires jugés amicaux.
La proposition d'un corridor maritime a également rencontré un écho favorable aux États-Unis. La représentante américaine à l'OMI a exprimé son soutien, rappelant les appels du président Donald Trump pour une escorte militaire internationale dans la région, bien que des experts, comme Arsenio Rodriguez de l'OMI, avertissent que cette mesure ne constitue pas une solution durable.
Lors d'une déclaration conjointe, plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, se sont montrés prêts à contribuer aux initiatives sécuritaires. Cependant, le ministre allemand de la Défense a précisé que toute implication militaire serait conditionnée à un feu vert international et à un mandat approprié.
La résolution adoptée jeudi condamne fermement les actions de l'Iran, qualifiées d'"attaques inacceptables" contre divers pays du Golfe. La délégation iranienne, quant à elle, a dénoncé ce texte comme biaisé et reproche à l'OMI de ne pas considérer l'agression initiale dont elle est victime.
L'OMI appelle également à cesser toute attaque contre les marins et à garantir leur sécurité, en facilitant le ravitaillement et la relève des équipages. Face à ces tensions croissantes, l'avenir de la navigation dans le détroit d'Ormuz demeure incertain, mais l'appel à un corridor maritime pourrait représenter un premier pas vers une désescalade.







